Le commerce international du Canada: Le point sur le commerce et l'investissement – 2012

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II. Aperçu de l’évolution du commerce mondial

Au lendemain de l’expansion record du volume du commerce mondial en 2010 (13,8 p. 100), les attentes pour 2011 étaient plus modestes. Dans le climat de turbulence économique de l’an dernier, la croissance du volume du commerce mondial a tout de même causé une surprise, décélérant brusquement à 5,0 p. 100 en 2011, alors que la reprise économique mondiale perdait de son élan sous le coup de multiples événements critiques, dont les catastrophes survenues au Japon et la crise de la dette souveraine en Europe. Cependant, la progression des prix, notamment des ressources, a fait en sorte que les valeurs nominales du commerce ont augmenté de 20 p. 100 en 2011, contre 22 p. 100 en 2010.

La croissance des exportations réelles dans les économies développées a été plus forte que prévu, atteignant 4,7 p. 100 en 2011. Si l’on considère la succession de crises qui ont frappé le monde développé l’an dernier, ces économies ont fait relativement bien à ce niveau. Le reste du monde — y compris les économies en développement et celles du Commonwealth des États indépendants (CEI) — ont enregistré une augmentation de 5,4 p. 100 en 2011, ce qui est légèrement en-deçà des attentes.

La croissance des exportations réelles des États-Unis, qui a atteint 7,2 p. 100, est le principal facteur expliquant la performance des pays développés et a aidé à contrer la baisse de 0,5 p. 100 des exportations réelles du Japon. La croissance des volumes exportés par l’Union européenne, soit 5,2 p. 100, se situe à la moyenne du monde développé. Ces régions ont toutes été touchées par des événements défavorables : l’incertitude budgétaire aux États-Unis, la crise persistante de l’endettement en Europe et le tremblement de terre au Japon, suivi d’un tsunami et de catastrophes nucléaires.

Manifestement, ces facteurs ont eu des répercussions profondes et ont influé sur la demande d’exportations des pays en développement. Mais ces derniers ont eux-mêmes été aux prises avec des facteurs défavorables. L’agitation qui a sévi dans plusieurs pays arabes et la guerre en Libye ont pesé sur les expéditions de pétrole et expliquent essentiellement la contraction de 8,3 p. 100 des exportations de l’Afrique en 2011. Les inondations en Thaïlande ont par ailleurs eu des conséquences sur la production et les exportations de ce pays, tandis que les catastrophes naturelles survenues au Japon ont provoqué des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement partout en Asie du Sud-Est.

Les économies en croissance d’Asie ont encore une fois dominé l’expansion des exportations dans le monde. L’Inde est la nation exportatrice ayant enregistré la croissance la plus rapide parmi les grands pays commerçants, ajoutant 16,1 p. 100 à ses exportations en termes réels. La Chine arrive au second rang avec un gain de 9,3 p. 100. Les nouvelles économies industrialisées (NEI) asiatiques — soit Singapour, Hong Kong, Taïwan et la Corée du Sud — ont vu leurs exportations progresser de 6,0 p. 100. La croissance des volumes exportés par les pays du CEI n’a été que de 1,8 p. 100, mais elle a atteint en moyenne 5,4 p. 100 et 5,3 p. 100 au Moyen-Orient ainsi qu’en Amérique du Sud et en Amérique centrale, respectivement. Cependant, comme les exportations de ces régions sont largement constituées de ressources, c’est leur valeur monétaire qui a sensiblement augmenté (34 p. 100, 37 p. 100 et 27 p. 100, respectivement). De même, malgré la contraction des exportations réelles de l’Afrique, elles ont progressé de 17 p. 100 en valeur.

Commerce des marchandises

Le commerce en valeur (nominale)

Après avoir enregistré une croissance de 22 p. 100 en 2010, la valeur des exportations de marchandises dans le monde a progressé de 20 p. 100 en 2011 pour atteindre le niveau record de 17,8 $É.-U. billions de dollars (voir le tableau 2-1).

Des taux de croissance à deux chiffres des exportations et des importations nominales ont été la norme dans l’ensemble des régions et des pays, à l’exception des exportations venant du Japon, frappé par une série de catastrophes. La remontée des prix des ressources — certains retrouvant leur niveau d’avant la récession — a été le principal facteur à l’origine de l’expansion nominale du commerce mondial, alors que les volumes ont crû de seulement 5,0 p. 100. Plusieurs chocs négatifs ayant heurté la production ont influé sur le commerce, et le ralentissement de la croissance du PIB dans l’ensemble du monde a freiné l’expansion des échanges en 2011. Ces facteurs ont affecté les flux commerciaux à la fois en termes réels et en termes nominaux. Les biens manufacturés affichent habituellement les prix les plus stables et les mouvements de leurs flux réels et nominaux ont été assez similaires en 2011. Fait à noter, les échanges de biens manufacturés ont été plus robustes en début d’année, alors que se poursuivait la reprise amorcée au lendemain de la crise et la reconstitution des stocks; mais elle a ralenti vers la fin de 2011, retraitant même en territoire négatif dans le cas du matériel de bureau et de télécommunication.

Tableau 2-1
Commerce mondial de marchandises par région et pour certains pays
(milliards $É.-U. et pourcentage)
 EXPORTATIONSIMPORTATIONS
 

Valeur
Milliards $É.-U.
2011

Part
2011
(%)
Variation annuelle %
2010
Variation annuelle %
2011
Valeur
Milliards $É.-U.
2011
Part
2011
(%)
Variation annuelle %
2010
Variation annuelle %
2011
Source : Secrétariat de l’OMC
Monde17 779100,0%222018 000100,0%2119
Amérique du Nord2,28312,8%23163 09017,2%2315
États-Unis1 4818,3%21162 26512,6%2315
Canada4522,5%23174622,6%2215
Mexique3502,0%30173612,0%2816
Amérique du Sud et Amérique centrale7494,2%26277274,0%3024
Brésil2561,4%32272371,3%4324
Europe6 60137,1%12176 85438,1%1317
UE-276 02933,9%12176 24134,7%1316
Allemagne1 4748,3%12171 2547,0%1419
France5973,4%8147154,0%917
Italie5232,9%10175573,1%1714
Royaume-Uni4732,7%15176363,5%1613
CEI7884,4%31345403,0%2430
Russie5222,9%32303231,8%3030
Afrique5973,4%29175553,1%1518
Moyen-Orient1 2286,9%27376653,7%1316
Asie5 53431,1%31185 56830,9%3323
Chine1 89910,7%31201 7439,7%3925
Japon8234,6%3378544,7%2623
Inde2971,7%33354512,5%3629
NIE1 2907,3%30161 3027,2%3218

La hausse des prix pétroliers est derrière l’augmentation des exportations nominales du Moyen-Orient (37 p. 100) et des pays du CEI (34 p. 100). Les prix à l’exportation ont crû d’environ 30 p. 100 dans ces deux régions, ce qui les place en tête de liste pour la croissance des exportations en 2011.

Les exportations provenant d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale ont aussi connu une forte expansion l’an dernier, soit 27 p. 100. Le Brésil, qui est responsable d’environ le tiers de cette progression, a vu ses exportations augmenter au même rythme. Les exportations de la région, qui sont principalement liées aux ressources, ont aussi profité de la hausse des prix des produits de base en 2011.

Toutes les autres régions ont avancé au même rythme, soit entre 16 et 18 p. 100. En Asie, qui dominait le classement l’an dernier, la croissance a décéléré à 18 p. 100 — essentiellement en raison des catastrophes naturelles qui ont touché le Japon et qui ont freiné la croissance des exportations de ce pays, qui est passée de 33 p. 100 en 2010 à 7 p. 100 en 2011, touchant indirectement de nombreux autres pays de la région en raison des liens qui les unissent au sein des chaînes d’approvisionnement. Le ralentissement général de l’économie chinoise s’est traduit par une croissance de seulement 20 p. 100 en 2011, correspondant à la moyenne mondiale. Les quatre NEI asiatiques ont vu leurs exportations progresser à un taux combiné de 16 p. 100. L’Inde a enregistré une performance exceptionnelle, en réussissant à faire grimper ses exportations de 33 p. 100 en 2010 et de 35 p. 100 en 2011, le taux d’expansion le plus élevé parmi les grands pays commerçants.

Les exportations africaines, qui avaient connu une robuste croissance de 29 p. 100 en 2010, n’ont avancé que de 17 p. 100 en 2011. La guerre civile qui a fait rage en Libye a entrainé une réduction importante des exportations de pétrole de ce pays. Les métaux et minerais exportés par l’Afrique ont nourri la croissance rapide des économies asiatiques telles que l’Inde et la Chine, et sont à nouveau en demande à mesure que progresse la reprise mondiale. Ces produits de base ont vu leurs prix augmenter sensiblement l’an dernier, et compte tenu de la place dominante qu’ils occupent dans la composition des exportations du continent, ils ont produit une expansion des exportations en termes nominaux (tandis que les exportations réelles de l’Afrique fléchissaient).

Les exportations européennes ont crû à un rythme de 17 p. 100 en 2011 et l’augmentation a été assez également répartie, les exportations de l’UE-27, de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni avançant de 17 p. 100. La France venait ensuite avec un taux de 14 p. 100, tandis que les exportations de la Grèce bondissaient de 42 p. 100. Dans l’ensemble, la progression des exportations européennes a subi les effets du ralentissement de la croissance économique et de la menace de nouvelles mesures d’austérité, lesquelles ont mené à une autre récession à la fin de 2011.

Les exportations nord-américaines sont celles qui ont augmenté le plus lentement parmi l’ensemble des régions en 2011, soit à un taux de 16 p. 100, avec une performance très similaire dans les trois pays. Le Canada et le Mexique ont vu leurs exportations croître un peu plus rapidement, soit de 17 p. 100, tandis que les exportations des États-Unis ont augmenté de 16 p. 100. Si l’on tient compte de l’affaiblissement du dollar américain l’an dernier, lequel s’est déprécié de 4,2 p. 100 par rapport au dollar canadien et de 1,6 p. 100 par rapport au peso mexicain, une partie de la croissance du Canada et du Mexique peut être attribuée à l’appréciation de la valeur des exportations en dollars américains.

Dans une large mesure, les importations mondiales ont évolué de façon similaire aux exportations l’an dernier. Après une expansion de 21 p. 100 en 2010, la valeur nominale des importations a progressé de 19 p. 100 pour atteindre 18,0 billions de dollars en 2011. Des taux d’augmentation dans les deux chiffres ont été observés dans l’ensemble des régions et pour les principaux pays commerçants.

Une solide expansion des importations (approchant les 30 p. 100) a été enregistrée dans les pays du CEI, facilitée par une augmentation importante des recettes tirées des exportations pétrolières de la région. La croissance des importations en Amérique du Sud et en Amérique centrale a décéléré, passant de 30 p. 100 en 2010 à 24 p. 100 l’an dernier. Au Brésil, la croissance des importations a égalé la moyenne de 24 p. 100 observée pour ce continent.

La valeur des importations en Asie a progressé de 23 p. 100, l’Inde venant en tête, avec une expansion des importations de 29 p. 100. La Chine arrivait juste derrière, avec une croissance des importations de 25 p. 100, qui marque une baisse par rapport au taux de 39 p. 100 enregistré en 2010. En dépit des difficultés éprouvées par le Japon, les importations de ce pays ont crû à la moyenne de la région, soit 23 p. 100. La croissance des importations des quatre NEI asiatiques n’a été que de 18 p. 100 en 2011, en baisse par rapport au niveau de 32 p. 100 enregistré en 2010.

Les importations en Afrique ont progressé de 18 p. 100 en 2011, ce qui dépasse le taux de 15 p. 100 enregistré l’année précédente. On observe une situation semblable au Moyen-Orient, où les importations ont crû de 16 p. 100 en 2011, soit un peu plus que le taux de 13 p. 100 observé en 2010.

La croissance des importations en Europe s’est accélérée légèrement en 2011 pour atteindre 17 p. 100 (contre 13 p. 100 l’année précédente). Considérant l’augmentation des prix des ressources — une composante fondamentale des importations européennes — la croissance globale a été très faible. La crise persistante de l’endettement souverain a continué de faire sentir ses effets sur les dépenses à l’importation, alors que les gouvernements européens déployaient des efforts pour équilibrer leur compte courant et que les mesures d’austérité freinaient la croissance — poussant même plusieurs pays près de la récession — ce qui a fait fléchir encore davantage la demande d’importations en Europe. Parmi les principales nations commerçantes, c’est en Allemagne où les importations ont le plus progressé, soit de 19 p. 100; en France, elles ont avancé à la moyenne européenne, soit 17 p. 100, tandis qu’en Italie et au Royaume- Uni, la croissance des importations a été inférieure à la moyenne — 14 p. 100 et 13 p. 100, respectivement

L’Amérique du Nord est la région ayant enregistré la plus lente croissance des importations en 2011. Les importations ont crû de 15 p. 100 au Canada et aux États-Unis, soit la moyenne de la région, tandis qu’elles augmentaient un peu plus rapidement au Mexique, à 16 p. 100. La faiblesse continue de l’économie américaine a vraisemblablement eu un effet dépresseur sur les importations dans ce pays, tandis que la croissance plus lente des importations au Canada est en partie imputable au fait que le volet ressources y est plus modeste.

Le commerce en volume (réel)

En termes réels, soit après rajustements pour tenir compte des variations des prix et des taux de change, les exportations de marchandises ont progressé au modeste taux de 5,0 p. 100 en 2011. Cela est un ralentissement considérable par rapport au taux de croissance de 13,8 p. 100 enregistré en 2010 et, bien que cette tendance n’ait pas été inattendue, l’ampleur du déclin a causé une surprise. Un certain nombre de chocs négatifs peuvent être cités pour expliquer cette situation, principalement la crise persistante de la dette souveraine en Europe, une succession de catastrophes au Japon, l’impasse au Congrès américain, la guerre civile en Libye, l’agitation dans de nombreux pays arabes et les inondations en Thaïlande. Ces événements n’ont pas touché directement le commerce, mais ils ont contribué à perpétuer l’incertitude, à fragiliser la confiance et à inciter les investisseurs, les entreprises et les consommateurs à adopter des comportements prudents. Un autre ralentissement de la croissance des échanges commerciaux est prévu en 2012.

Un outil employé pour évaluer l’expansion du commerce est la comparaison avec le PIB. Historiquement, les exportations réelles ont crû à un rythme environ deux fois plus élevé que le PIB réel — progressant même plus rapidement au cours des périodes de reprise et chutant plus rapidement lors des récessions. Alors que la production mondiale a augmenté de 2,4 p. 100 en 2011, le ratio de la croissance du commerce à celle de la production a été environ de 2:1. Ainsi, la croissance du commerce en 2011 s’est alignée sur la croissance de la production en temps normal, mais elle a été plus faible que l’on aurait pu le prévoir durant une période de reprise.

Les économies développées ont affiché une assez bonne performance, avec une croissance réelle des exportations de marchandises de 4,7 p. 100, ce qui n’est pas loin derrière les économies en développement et les pays du CEI, dont les exportations ont augmenté de 5,4 p. 100. À l’opposé, les importations des pays développés n’ont augmenté que de 2,8 p. 100, tandis que dans les économies en développement et les pays du CEI, les volumes importés augmentaient de 7,9 p. 100.

Contrastant avec une croissance des échanges commerciaux inférieure à la moyenne en termes nominaux, l’Amérique du Nord a été l’une des régions où la croissance réelle des exportations a été la plus forte, à 6,2 p. 100, en 2011. Cela s’explique par la solide performance des États-Unis (7,2 p. 100), profitant de la faiblesse du dollar américain qui a rendu les exportations de ce pays plus attrayantes. Seul le volume des exportations de l’Asie a progressé plus rapidement (6,6 p. 100), l’Inde enregistrant une croissance spectaculaire de 16,1 p. 100, tandis que la Chine et la Corée du Sud obtenaient aussi de bons résultats, avec une croissance de 9,3 p. 100 dans chaque cas. La performance des exportations asiatiques a subi les contrecoups de la situation du Japon, dont les exportations ont reculé de 0,5 p. 100 en 2011.

Le Moyen-Orient (5,4 p. 100) ainsi que l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale (5,3 p. 100) sont les autres régions où les exportations ont crû plus rapidement que la moyenne mondiale. La progression des exportations européennes s’est située à la moyenne mondiale (5,0 p. 100), tandis que les exportations des pays de l’UE-27 avançaient un peu plus rapidement, à 5,2 p. 100.

Dans un contexte hors de l’ordinaire, les exportations de l’Afrique ont subi une contraction de 8,3 p. 100, qui s’explique essentiellement par la guerre civile en Libye et la chute de près de 75 p. 100 des exportations pétrolières de ce pays. Les exportations des pays du CEI ont stagné en volume, avec un modeste gain de 1,8 p. 100 sur l’année.

Du côté des importations, des divergences statistiques ont fait en sorte que la croissance des importations mondiales réelles, à 4,9 p. 100, semble marginalement inférieure à celle des exportations mondiales réelles, qui atteint 5,0 p. 100. Les pays du CEI arrivent en tête, avec une expansion des importations de 16,7 p. 100, les hausses de volumes ayant été facilitées par une amélioration des termes de l’échange pour les exportations d’énergie et de ressources de cette région. L’Amérique du Sud et l’Amérique centrale ont vu leurs importations croître de 10,4 p. 100, tandis que l’Asie a affiché un taux de croissance supérieur à la moyenne, soit 6,4 p. 100. Les importations chinoises ont dominé la liste en Asie avec une progression de 9,7 p. 100 en termes réels; l’Inde a vu ses importations augmenter de 6,6 p. 100, tandis que les importations japonaises ont avancé de 1,9 p. 100 en volume, alors même que ce pays se remettait des catastrophes naturelles qui l’ont frappé.

Les importations au Moyen-Orient et en Afrique ont progressé au même rythme que la moyenne mondiale, soit 5,3 p. 100 et 5,0 p. 100, respectivement. Les importations en Amérique du Nord ont augmenté à un rythme légèrement inférieur à la moyenne mondiale, soit 4,7 p. 100 — les importations aux États- Unis étant celles qui ont crû le plus lentement (3,7 p. 100). Les importations au Canada ont augmenté plus rapidement, soit de 8,1 p. 100, témoignant de la résilience de la demande intérieure et d’une amélioration des termes du commerce. En Europe, les importations réelles ont stagné, n’avançant que de 2,4 p. 100 sur l’année, alors que l’expansion des importations dans l’ensemble de la zone de l’UE-27 a été encore plus lente, à 2,0 p. 100.

Prix et taux de change

Les prix des produits de base ont augmenté de manière substantielle en 2010, après s’être écroulés durant la récession. L’augmentation généralisée des prix a été soutenue par la forte demande des marchés émergents en croissance et par la reprise économique qui prenait pied. Bien que les prix de la plupart des produits de base aient continué à augmenter en 2011, les écarts de prix entre les produits sont devenus plus marqués qu’en 2010 (figure 2-1).

Les plus fortes augmentations des prix des produits de base ont été observées pour le groupe des métaux précieux : les prix de l’argent ont bondi de 74,6 p. 100, tandis que ceux de l’or avançaient de 28,1 p. 100 sur l’année. La hausse des prix des métaux précieux est à l’origine de la plus grande partie des mouvements commerciaux en 2011, tant du côté des importations que des exportations, tel que décrit plus en détail aux chapitres 4 et 5 du rapport. Dans le secteur agricole, la progression des prix a été généralisée, avec en tête le blé (47,9 p. 100) et le canola (30,4 p. 100), ce qui a gonfl é la valeur des exportations canadiennes de ces produits.


Figure 2-1
Évolution des prix des produits de base de 2010 à 2011
Bois d’oeuvre- 2%
Pâte2%
Pétrole20%
Gaz naturel- 8%
Charbon22%
Or28%
Argent73%
Aluminium10%
Cuivre18%
Nickel4%
Uranium21%
Blé49%
Canola30%

Les prix des métaux et des minerais ont poursuivi leur ascension, mais plus lentement qu’en 2010, avec des hausses variant entre 30 et 50 p. 100. C’est le prix de l’uranium qui a le plus augmenté en 2011, soit de 22,8 p. 100, alors que les prix du cuivre ont progressé de 17,0 p. 100 et ceux de l’aluminium, de 10,4 p. 100. En revanche, la hausse du prix du nickel n’a été que de 5,0 p. 100.

Les cours du pétrole ont bondi de 19,7 p. 100 au cours de 2011, mais ceux du gaz naturel battaient en retraite de 9,0 p. 100. Les prix du charbon ont progressé au taux robuste de 22,6 p. 100, ce qui a contribué à gonfl er la valeur des exportations canadiennes, principalement à destination de l’Asie. Dans le secteur forestier, les prix ont stagné : celui de la pâte gagnait 2,6 p. 100 mais le prix du bois d’oeuvre cédait 3,3 p. 1001.

Selon les indices de prix sectoriels de la Banque du Canada fondés sur la production canadienne et les ventes sur les marchés mondiaux, le prix des produits énergétiques canadiens a progressé de 10,6 p. 100 en 2011. Les prix des métaux et minéraux ont avancé de 14,7 p. 100, ceux des produits de la forêt ont peu varié, tandis que les prix des produits agricoles bondissaient de 34,8 p. 1002. Lorsque les prix des produits de base sont pondérés en fonction de la production canadienne, on constate que l’indice a augmenté de 12,9 p. 100 l’an dernier, et de 16,7 p. 100 en excluant l’énergie. Une telle situation, c’est-à-dire lorsque les prix énergétiques entraînent à la baisse l’augmentation globale des prix des produits de base, est inhabituelle et peut essentiellement s’expliquer par le prix relativement moins élevé du pétrole produit au Canada l’an dernier (voir l’encadré sur les prix du pétrole WTI et du pétrole Brent, au chapitre 4).

Les prix du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) ont entrepris l’année à 89,54 $É.-U. le baril. Une progression continue durant les quatre premiers mois de l’année a porté ces prix à un niveau 25 p. 100 plus élevé, soit 112,30 $É.-U. le baril à la fi n d’avril. Toutefois, les prix se sont lentement détériorés par la suite pour descendre à un peu moins de 100 $É.-U. le baril à la fin de juillet, suivi d’une baisse soudaine des prix du pétrole, à 82,86 $É.-U. à la mi-août; les prix sont demeurés autour de 80 $É. U. jusqu’au début d’octobre. Une hausse soutenue au cours des trois derniers mois de l’année a ramené les prix pétroliers autour de 100 $É.-U. le baril; le dernier prix enregistré, soit le 30 décembre 2011 était de 99,81 $É.-U. le baril. Globalement, le prix du pétrole WTI a progressé de 11 p. 100 en 2011 selon la U.S. Energy Information Administration3.

Les prix de l’or ont atteint en moyenne 1 571,97 $É.-U. l’once troy en 2011, ce qui représente une hausse de 28 p. 100 par rapport au niveau de 1 224,52 $É.-U. enregistré en 2010. Les prix ont fluctué dans une large bande, allant de 1 319,00 $É.-U. en janvier 2011 à 1 895,00 $É.-U. en septembre. L’or valait 1 531,00 $É.-U. l’once troy en fin d’année4.

Des fluctuations importantes des taux de change ont influé sur les valeurs du commerce mondial en 2011. Les forts mouvements observés pour certaines devises clés, comme le franc suisse et le réal brésilien, ont suscité un déplacement des termes de l’échange pour ces nations commerçantes et eu des effets réels sur les politiques économiques et commerciales. Par ailleurs, la dépréciation du dollar américain, qui a atteint près de 5 p. 100 par rapport à un panier pondéré d’autres monnaies, a non seulement stimulé une forte expansion des exportations américaines, mais a gonflé les valeurs des transactions internationales exprimées en dollars nominaux. Le dollar américain s’est déprécié de 4,8 p. 100 par rapport à l’euro, de 10,1 p. 100 par rapport au yen japonais, de 3,7 p. 100 par rapport à la livre britannique, de 4,7 p. 100 par rapport au yuan chinois et de 4,2 p. 100 par rapport au dollar canadien.

Selon les statistiques mensuelles du taux de change moyen tenues par la Banque du Canada, le dollar canadien a débuté l’année à parité avec le dollar américain (1,006 $É.-U. en janvier), et a augmenté progressivement pour atteindre un sommet de 1,044 $É.-U. en avril; il est ensuite retombé à 1,024 $É.-U. en juin, avant de remonter à nouveau à 1,047 $É.-U. en juillet. Après le règlement de la crise sur le plafond d’endettement aux États- Unis, le dollar canadien a progressivement reculé pour atteindre 0,981 $É.-U. en octobre; par la suite, aucun mouvement important n’a été observé et le dollar canadien a terminé l’année à 0,977 $É.-U. (moyenne mensuelle de décembre)5.

Classement des pays selon la valeur du commerce

Pour la troisième année d’affilée, la Chine a été le premier exportateur de marchandises dans le monde avec des exportations de 1 899 milliards de dollars. Sa part des exportations mondiales est toutefois demeurée à 10,4 p. 100, puisque la croissance des exportations chinoises a égalé la moyenne mondiale, soit 20 p. 100.

Tableau 2-2
Principaux exportateurs et importateurs dans le commerce mondial des marchandises, 2011
(Milliards $É.-U. et %) : Exportateurs
Exportateurs2011 Classement2010 Classement2011 Milliards $É.-U Valeur.2011 %Part
Source : Secrétariat de l’OMC
Chine111 89910,4
États-Unis221 4818,1
Allemagne331 4748,1
Japon448234,5
Pays-Bas556603,6
France665973,3
Corée du Sud775553,0
Italie885232,9
Russie9125222,9
Belgique1094762,6
Canada13134522,5

Principaux exportateurs et importateurs dans le commerce mondial des marchandises, 2011
(Milliards $É.-U. et %) : Importateurs
Importateurs2011 Classement2010 Classement2011 Milliards $É.-U Valeur.2011 %Part
Source : Secrétariat de l’OMC
États-Unis112 26512,3
Chine221 7439,5
Allemagne331 2546,8
Japon448544,6
France557153,9
Royaume-Uni666363,5
Pays-Bas775973,2
Italie885573,0
Corée du Sud9105242,9
Hong Kong1095112,8
Canada11114622,5

Les États-Unis occupaient le 2e rang au classement, tout juste devant l’Allemagne, avec des exportations totales d’une valeur de 1 481 milliards de dollars, contre 1 474 milliards de dollars pour ce dernier pays. La part des exportations mondiales de chacun de ces pays a fléchi à 8,1 p. 100 en 2011.

Le Japon arrivait loin derrière, au 4e rang, avec des exportations évaluées à 823 milliards de dollars, ce qui est moins de la moitié des exportations de la Chine. Une croissance relativement lente en 2011 a fait fléchir la part des exportations mondiales détenues par le Japon de 5,1 p. 100 à 4,5 p. 100.

Les exportations en provenance des Pays-Bas (660 milliards de dollars) et de la France (597 milliards de dollars) ont permis à ces pays de conserver le 5e et le 6e rang, respectivement, bien que leur part individuelle ait également fléchi sur l’année. La part des exportations mondiales détenue par les Pays-Bas est passée de 3,8 p. 100 en 2010 à 3,6 p. 100 en 2011, tandis que celle de la France glissait de 3,4 p. 100 à 3,3 p. 100 sur la même période.

p. 100 sur la même période. La Corée du Sud occupe toujours le 7e rang, qu’elle a acquis en 2010, avec des exportations évaluées à 555 milliards de dollars; toutefois, la part des exportations mondiales détenue par ce pays a fléchi de 3,1 p. 100 en 2010 à 3,0 p. 100 en 2011.

L’Italie est parvenue à conserver le 8e rang, avec des exportations de 523 milliards de dollars, tenant tête à la Russie, dont les exportations ont bondi de la 12e à la 9e place en 2011, pour atteindre 522 milliards de dollars. Ces deux pays détiennent chacun 2,9 p. 100 des exportations mondiales.

La Belgique est descendue au 10e rang, avec des exportations de 476 milliards de dollars, soit 2,6 p. 100 du total mondial. Le Canada est demeuré en 13e place, à courte distance du 10e rang, avec des exportations de 452 milliards de dollars; sa part des exportations mondiales atteint 2,5 p. 100.

Du côté des importations, le classement est également demeuré stable. Les États-Unis continuent de dominer le tableau avec des importations évaluées à 2 265 milliards de dollars, bien que la part des importations mondiales allant vers ce pays ait reculé, passant de 12,8 p. 100 à 12,3 p. 100 en 2011. La Chine demeure au second rang avec des importations de 1 743 milliards de dollars (9,5 p. 100 du total mondial), tandis que l’Allemagne arrive au 3e rang avec des importations d’une valeur de 1 254 milliards de dollars (6,8 p. 100).

Le Japon, qui occupe aussi la 4e place du côté des importations, a importé des marchandises pour une valeur de 854 milliards de dollars, haussant sa part des importations mondiales à 4,6 p. 100. La France est demeurée en 5e position avec des importations de 715 milliards de dollars et une part des importations mondiales inchangée à 3,9 p. 100. Le Royaume-Uni arrive en 6e place, avec une part de 3,5 p. 100 des importations mondiales, tandis que les Pays-Bas occupent le 7e rang (3,2 p. 100). L’Italie demeure en 8e position avec une part des importations mondiales de 3,0 p. 100.

Les importations de la Corée du Sud ont dépassé celles de Hong Kong, permettant à ce pays d’enlever le 9e rang, avec des importations totales de 524 milliards de dollars (2,9 p. 100). Hong Kong complète la liste des 10 principaux pays, avec des importations évaluées à 511 milliards de dollars (2,8 p. 100), suivi du Canada avec des importations de 462 milliards de dollars (2,5 p. 100 du total).

Commerce des services

Les exportations de services dans le monde ont progressé à un rythme de 11 p. 100 en 2011, atteignant 4 150 milliards de dollars américains, après avoir bénéficié d’une expansion similaire en 2010, soit 10 p. 100 (voir le tableau 2-3).

Selon l’OMC, la part des services dans les échanges totaux (de biens et services), sur la base de la balance des paiements, a reculé à 18,6 p. 100 en 2011, la proportion la plus faible depuis 1990. Cela est partiellement attribuable au fait que la reprise a engendré une croissance plus rapide des échanges de biens, parce que ces derniers sont généralement plus sensibles aux cycles économiques. La hausse des prix des produits de base a aussi contribué à hausser sensiblement la valeur des échanges de marchandises et est donc partiellement responsable de la baisse de la part des services dans le commerce total.

Tableau 2-3
Commerce des services dans le monde par région et pour certains pays
(milliards $É.-U. et %)
 EXPORTATIONSIMPORTATIONS
 Valeur
Milliards
$É.-U. 2011
2011
Part
(%)
Variation annuelle %
2010
Variation annuelle %
2011
Valeur
Milliards
$É.-U. 2011
2011
Part
(%)
Variation annuelle %
2010
Variation annuelle %
2011
Sources : Secrétariat de l’OMC et calculs de l’auteur
Monde4 150100,0%10113 865100,0%1010
Amérique du Nord66816,1%91051613,4%88
États-Unis578813,9%91139110,1%66
Canada741,8%1510992,6%1510
Mexique150,4%50250,6%816
Amérique du Sud et Amérique centrale1303,1%15141634,2%2318
Brésil370,9%1521731,9%3622
Europe1 96447,3%4101 60541,5%38
UE—271 76242,5%4101 48038,3%24
Allemagne2536,1%392847,3%38
France1613,9%1111413,6%27
Italie1072,6%391153,0%15
Royaume-Uni2746,6%2111714,4%17
CEI962,3%13201333,4%1921
Russie541,3%822902,3%2224
Afrique852,0%1101493,9%109
Moyen-Orient1112,7%6102105,4%910
Asie1 09626,4%23121 09128,2%2114
Chine1824,4%3272366,1%2223
Japon1433,4%1031654,3%66
Inde1483,6%33201303,4%4512
NEI3869,3%21123057,9%199

La région du CEI est celle qui a vu ses exportations de services commerciaux croître le plus rapidement l’an dernier, soit à un taux de 20 p. 100. Les exportations en provenance de pays du CEI ont avancé à 96 milliards de dollars, stimulées par une croissance généralisée de 22 p. 100 des exportations de services de la Russie, qui ont atteint 54 milliards de dollars. Il y a eu aussi une forte croissance (14 p. 100) des exportations de services de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale, qui ont atteint 130 milliards de dollars. Le Brésil est responsable de plus du quart des exportations de services de la région, avec un gain de 21 p. 100, à 37 milliards de dollars.

Les exportations de services de l’Asie ont augmenté de 12 p. 100 en 2011 pour atteindre 1 096 milliards de dollars. Le taux de croissance de 20 p. 100 enregistré par l’Inde a permis à ce pays de prendre la tête du peloton, les exportations de services de transport et de voyage enregistrant une croissance particulièrement robuste. La valeur des exportations de services de l’Inde (148 milliards de dollars) a dépassé celle du Japon (143 milliards de dollars), qui a inscrit une légère hausse de 3 p. 100 en 2011. Les services de transport japonais, en particulier les services de voyage, étaient clairement en déclin. Par contre, les exportations de services de la Chine ont augmenté à un taux plus modéré de 7 p. 100 pour atteindre 182 milliards de dollars, l’augmentation la plus importante en valeur. Les quatre NEI asiatiques ont vu leurs exportations grimper de 12 p. 100, pour s’établir à 386 milliards de dollars. Les taux de croissance des exportations de services dans l’ensemble des régions ont été beaucoup plus faibles que ceux observés en 2010, alors que se poursuivait le rétablissement des liens fragilisés au sein des réseaux commerciaux dans le monde.

Les exportations de services de l’Afrique n’ont pas progressé en 2011, ce qui est essentiellement attribuable à l’agitation civile en Tunisie et en Égypte, dont les exportations ont diminué de 20 p. 100 et de 19 p. 100, respectivement. À 85 milliards de dollars, l’Afrique demeure la région qui exporte le moins de services. Par ailleurs, les exportations de services du Moyen-Orient ont augmenté de 10 p. 100 pour atteindre 111 milliards de dollars.

La croissance en Europe a égalé celle de l’Amérique du Nord (10 p. 100). En Europe, le Royaume-Uni a vu ses exportations progresser de 11 p. 100 et a devancé l’Allemagne au second rang des pays exportateurs de services, après les révisions apportées à son poste d’exportation le plus important, celui des autres services commerciaux et financiers. Les exportations totales ont atteint 274 milliards de dollars au Royaume-Uni et 253 milliards de dollars en Allemagne, ce qui équivaut, dans ce dernier cas, à un taux de croissance de 9 p. 100. En France, les exportations de services ont progressé de 11 p. 100 pour atteindre 161 milliards de dollars, tandis qu’en Italie, elles ont augmenté de 9 p. 100, à 107 milliards de dollars.

Les États-Unis ont accru leurs exportations de services de 11 p. 100, devançant tout juste le Canada, où le taux de croissance des exportations de services a atteint 10 p. 100. Il n’y a eu aucune croissance des exportations de services au Mexique.

Du côté des importations, les pays du CEI arrivaient en tête avec les importations de services en hausse de 21 p. 100, à 133 milliards de dollars. Une augmentation généralisée des importations de 24 p. 100 en Russie, à 90 milliards de dollars, est à l’origine de cette augmentation. En Amérique du Sud et en Amérique centrale, les importations de services ont progressé de 18 p. 100, à 163 milliards de dollars, sous l’effet d’une hausse de 22 p. 100 des importations brésiliennes, à 73 milliards de dollars.

Les importations de services en Asie ont crû globalement de 14 p. 100, stimulées par l’augmentation de 23 p. 100 des importations en Chine. Au total, les importations ont atteint 1 091 milliards de dollars, la Chine accaparant une part de 236 milliards de dollars. La croissance des importations en Inde a été plus lente, à 12 p. 100, tandis qu’au Japon, elle n’a été que de 6 p. 100. Les quatre NEI asiatiques ont vu leurs importations de services progresser globalement de 9 p. 100. Au Moyen-Orient, les importations étaient en hausse de 10 p. 100, à 210 milliards de dollars, tandis qu’en Afrique, elles progressaient de 9 p. 100, pour s’établir à 149 milliards de dollars.

Tableau 2-4
Exportations mondiales de services, 2005-2011 (milliards $É.-U. et %)
 Exportations en 2011 (milliards $É.-U.)Part
(%)
Croissance en 2011
(%)
Croissance en 2010
(%)
Croissance 2005-2011
(%)
Source : Secrétariat de l’OMC
Ensemble des services4 149100,011109
Transports85520,68157
Voyages1 06325,61297
Services com.2 22853,711810

L’Europe et l’Amérique du Nord demeurent des exportateurs nets de services; leurs parts des importations atteignent, respectivement, 41,5 p. 100 et 13,4 p. 100, ce qui se compare à des parts des exportations de 47,3 p. 100 et 16,1 p. 100 respectivement. En Europe, les importations de services ont avancé de 8 p. 100 en 2011, atteignant 1 605 milliards de dollars. L’Allemagne est le principal importateur de services en Europe et ces importations ont augmenté de 8 p. 100 pour atteindre 284 milliards de dollars. Les importations en France et au Royaume-Uni ont progressé de 7 p. 100 dans chaque cas, tandis qu’en l’Italie elles n’ont avancé que de 5 p. 100.

Les États-Unis ont vu leurs importations de services augmenter de seulement 6 p. 100, à 391 milliards de dollars, ce qui a permis à ce pays de renforcer son solde commercial positif au chapitre des échanges de services. Les importations de services au Canada ont crû plus rapidement, soit à un rythme de 10 p. 100, tandis que le Mexique venait au premier rang de la région avec un taux de croissance de 16 p. 100 à ce poste.

Globalement, les services de transport ont été la sous-catégorie où la croissance a été la plus lente en 2011, avec un gain de seulement 8 p. 100. Les services commerciaux ont avancé de 11 p. 100, tandis que les services de voyage étaient en hausse de 12 p. 100. La lenteur de la croissance des services de transport pourrait s’expliquer en partie par la croissance léthargique des volumes d’échanges de biens dans le monde et par l’excédent de capacité de transport maritime, qui a entraîné à la baisse les recettes du secteur du transport maritime, comme en témoigne le recul du Baltic Dry Index. Au cours des six dernières années, la croissance des trois principales composantes des services a été plus équilibrée, les services commerciaux bénéficiant de la progression la plus rapide, soit 10 p. 100, le reste progressant à un taux de 7 p. 100.

Principaux participants au commerce des services en valeur

En 2011, les États-Unis ont été le plus important acteur dans le commerce mondial des services, tant du côté des exportations que du côté des importations. Ce pays a exporté pour une valeur de 578 milliards de dollars de services, soit 13,9 p. 100 du total mondial, tandis que ses importations de services ne représentaient que 391 milliards de dollars, soit 10,1 p. 100 du total. Les exportations de services ayant été supérieures aux importations par une marge de 187 milliards de dollars, les États-Unis ont aussi enregistré le plus important excédent dans le commerce des services dans le monde.

Le Royaume-Uni a supplanté l’Allemagne au second rang des exportateurs de services, avec une valeur exportée de 274 milliards de dollars, soit 6,6 p. 100 du total mondial. L’Allemagne arrivait au 3e rang avec des exportations de services de 253 milliards de dollars et une part de 6,1 p. 100. La Chine et la France suivaient avec des exportations de services de 182 milliards de dollars (4,4 p. 100) et de 161 milliards de dollars (3,9 p. 100), pour occuper les 4e et 5e places, respectivement.

L’Inde a fait un bond de quatre places au classement pour occuper le 6e rang, grâce à une expansion de 20 p. 100 de ses exportations de services, qui ont atteint 148 milliards de dollars, correspondant à 3,6 p. 100 du total mondial. Le Japon, avec des exportations de services de 143 milliards de dollars et l’Espagne, à 141 milliards de dollars, ont glissé d’un échelon chacun au classement, pour occuper les 7e et 8e positions, respectivement. Les Pays-Bas sont passés devant Singapour pour enlever le 9e rang, avec des exportations de services de 128 milliards de dollars. Singapour a reculé de deux positions au classement, passant de la 8e à la 10e place, avec des exportations totales de 125 milliards de dollars, soit une part de 3,0 p. 100 des exportations mondiales de services. Le Canada arrivait au 18e rang avec des exportations de services de 74 milliards de dollars, représentant 1,8 p. 100 du total mondial.

Du côté des importations, aucun mouvement n’a été observé dans les 10 premières places du classement. L’Allemagne occupait le second rang avec des importations de services de 284 milliards de dollar, soit 7,3 p. 100 du total. La Chine arrivait en 3e place, avec des importations de 236 milliards de dollars. Le Royaume-Uni (171 milliards de dollars), le Japon (165 milliards de dollars) et la France (141 milliards de dollars) occupaient les 4e, 5e et 6e positions, tandis que l’Inde arrivait tout juste derrière avec des importations d’une valeur de 130 milliards de dollars. Les Pays- Bas, l’Italie et l’Irlande venaient compléter la liste des 10 plus grands importateurs, avec des totaux de 118 milliards de dollars, 115 milliards de dollars et 113 milliards de dollars, respectivement. Le Canada a gravi un échelon, passant de la 13e à la 12e place en 2011, grâce à une expansion de ses importations de services à 99 milliards de dollars, soit 2,5 p. 100 du total mondial.

Tableau 2-5
Principaux exportateurs et importateurs de services dans le monde, 2011
(milliards $É.-U. et %) : Exportateurs
Exportateurs2011 Classement2010 Classement2011 Milliards $É.-U. Valeur2011 % Part
États-Unis1157813.9
Royaume-Uni232746.6
Allemagne322536.1
Chine441824.4
France551613.9
Inde6101483.6
Japon761433.4
Espagne871413.4
Pays-Bas991283.1
Singapour1081253.0
Canada1818741.8

Principaux exportateurs et importateurs de services dans le monde, 2011
(milliards $É.-U. et %) : Importateurs
Importateurs2011 Classement2010 Classement2011 Milliards $É.-U. Valeur2011 % Parte
Source : Secrétariat de l’OMC
États-Unis1139110.1
Allemagne222847.3
Chine332366.1
Royaume-Uni441714.4
Japon551654.3
France661413.6
Inde771303.4
Pays-Bas881183.1
Italie991153
Irlande10101132.9
Canada1213992.6


1 TD Economics, Commodity Price Report, 29 février 2012.

2 Banque du Canada, Indice des prix des produits de base, http://www.bankofcanada.ca/rates/price-indexes/bcpi/.

3 L’évolution des prix du pétrole WTI est fondée sur les échanges sur le marché au comptant à Cushing, en Oklahoma, tel que publié par la U.S. Energy Information Administration (EIA) sur le site http://www.eia.gov/dnav/pet/hist/LeafHandler.ashx?n=pet&s=rclc1&f=w.

4 Prix par once troy selon le cours fixé pour l’or à la séance de l’après-midi sur le marché de Londres, tel que publié sur le site http://www.usagold.com/reference/prices/2011.html.

5 Banque du Canada, Statistiques sur les taux de change, à http://www.bankofcanada.ca/rates/exchange/monthly-average-lookup/.

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