Le commerce international du Canada: Le point sur le commerce et l'investissement – 2012

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IV. Aperçu de la performance commerciale du Canada

En 2011, le commerce des biens et services du Canada a profité d’une seconde année consécutive de forte reprise, après la perte de 22 p. 100 enregistrée en 2009 durant la récession mondiale. Tant les exportations que les importations ont continué à reprendre le terrain perdu : les exportations sont remontées à 95 p. 100 de leur valeur d’avant la récession, tandis que les importations touchaient un nouveau sommet historique. Les exportations et les importations étaient en hausse dans la plupart des secteurs. L’activité commerciale dans certains secteurs a dépassé les sommets d’avant la récession pour atteindre des niveaux records. Globalement, les termes de l’échange ont continué à s’améliorer en 2011, mais ils demeurent inférieurs à leur niveau de 2007.

La croissance des exportations a été dominée par les produits énergétiques et les biens industriels, s’appuyant sur une forte remontée des prix mais aussi certaines augmentations de volumes. En 2011, les exportations de machines ont mis fin à leur déclin et connu une amélioration imputable à une expansion des volumes, alors que dans les secteurs éprouvés de l’automobile et de la forêt, les volumes exportés ont progressé pour la deuxième année de suite.

Les importations canadiennes ont atteint de nouveaux sommets en 2011, stimulées par une économie intérieure vigoureuse en comparaison avec les grands partenaires que sont l’Union européenne, le Japon et les États-Unis. Des volumes accrus d’importations sont à l’origine des augmentations observées dans presque tous les secteurs, sauf celui de l’énergie, ou la croissance a été nourrie par la hausse des prix, ainsi que le secteur forestier. La confiance accrue des consommateurs et des entreprises et les investissements dans les stocks ont poursuivi leur remontée.

La croissance totale des exportations a dépassé celle des importations, ce qui a permis de réduire de plus d’un quart le déficit commercial enregistré en 2010. L’expansion des exportations de biens a été particulièrement robuste, contribuant à ramener le Canada en situation d’excédent dans son commerce des biens, après deux années déficitaires. Le déficit des exportations de services s’est légèrement creusé, atténuant partiellement l’amélioration du solde des biens. Les déficits accrus dans les transferts courants, en particulier les revenus de placements, ont tempéré l’amélioration survenue dans le solde des échanges. Le résultat net de ces mouvements a été une légère diminution du déficit du compte courant du Canada, qui est passé de 50,9 milliards de dollars à 48,3 milliards de dollars.

Les biens et services

Dans l’ensemble, le commerce international du Canada a poursuivi sur la voie de la reprise, gagnant 10,6 p. 100 en 2011. Les exportations totales de biens et services ont crû de 11,8 p. 100, ajoutant 56,3 milliards de dollars, à 532,4 milliards de dollars (tableau 4-1). Les importations de biens et services ont aussi rebondi de façon significative, avec un gain de 9,4 p. 100, soit 47,8 milliards de dollars, pour atteindre 555,6 milliards de dollars — la valeur la plus élevée jamais enregistrée. En conséquence de ces mouvements, le déficit commercial s’est resserré de 8,6 milliards de dollars (26,9 p. 100), passant de 31,8 milliards de dollars en 2010 à 23,2 milliards de dollars en 2011. C’est le troisième déficit commercial consécutif du Canada après 15 années d’excédents. Le déficit du Canada remonte à la chute des échanges mondiaux de 2009 et le redressement du solde commercial survenu en 2011 constitue la première amélioration depuis cet événement.

Les exportations et les importations de biens et services ont connu une forte expansion sur tous les grands marchés en 2011, à l’exception notable des importations provenant du Japon (figures 4-1 et 4-2). Les catastrophes naturelles qui ont frappé le Japon ont eu un effet dévastateur sur l’économie nippone en 2011 et expliquent la baisse des importations en provenance de ce pays. La part dominante des États-Unis dans le commerce global du Canada a légèrement fléchi, passant de 66,0 p. 100 en 2010 à 65,1 p. 100 en 2011, poursuivant ainsi une tendance baissière apparue en 2000, lorsque la part de ce pays atteignait 76 p. 100.

Tableau 4-1
Commerce de biens et services du Canada par région, 2011
(millions de dollars et variation annuelle en pourcentage)
 Exportations de biens et servicesImportations de biens et servicesSolde du commerce des biens et services
2011Part en 2011Croissance par rapport à 20102011Part en 2011Croissance par rapport à 20102011
RdM = Reste du monde
Source : Statistique Canada, CANSIM, tableau 376-0001
Monde532 393100,0 %11,8 %555 594100,0 %9,4 %-23 201
É.-U.370 25569,5 %10,5 %337 77260,8 %7,6 %32 483
UE55 33410,4 %12,6 %61 09511,0 %10,6 %-5 761
Japon12 6122,4 %15,3 %10 8161,9 %-5,9 %1 796
RdM94 19217,7 %16,4 %145 91126,3 %14,7 %-51 719
 Exportations de biensImportations de biensSolde du commerce des biens
2011Part en 2011Croissance par rapport à 20102011Part en 2011Croissance par rapport à 20102011
Monde457 548100,0 %13,0 %456 129100,0 %10,2 %1 419
É.-U.330 67272,3 %11,5 %281 10661,6 %8,1 %49 566
UE42 3989,3 %16,3 %45 77810,0 %13,5 %-3 380
Japon11 3562,5 %16,9 %9 2982,0 %-7,6 %2 058
RdM73 12216,0 %18,0 %119 94726,3 %15,9 %-46 825
 Exportations de servicesImportations de servicesSolde du commerce des services
2011Part en 2011Croissance par rapport à 20102011Part en 2011Croissance par rapport à 20102011
Monde74 845100,0 %5,0 %99 465100,0 %5,8 %-24 620
É.-U.39 58452,9 %2,9 %56 66657,0 %5,1 %-17 082
UE12 93717,3 %2,2 %15 31815,4 %2,9 %-2 381
Japon1 2551,7 %2,9 %1 5181,5 %6,0 %-263
RdM21 06928,2 %11,4 %25 96326,1 %9,2 %-4 894


Figure 4-1 Exportations de biens et services du Canada par grande région, 2007-2011
Tableau pour Figure 4-1
Exportations de biens et services du Canada par grande région, 2007-2011
(Milliards $)
Par région20072008200920102011
Tous les pays533561438476532
États-Unis394409309335370
Japon1113101113
UE5053444955
RdM7787758194
Figure 4-2 Importations de biens et services du Canada par grande région, 2007-2011
Tableau pour Figure 4-2
Importations de biens et services du Canada par grande région, 2007-2011
(Milliards $)
Par région20072008200920102011
Tous les pays504538465508556
États-Unis320334287314338
Japon1413111111
UE5863545561
RdM112127112127146

 

Toutes les destinations des exportations de biens et services affichent des gains, mais les exportations aux États-Unis sont celles qui ont progressé le moins rapidement, à un taux de 10,5 p. 100; elles ont néanmoins fait la plus grosse contribution à l’augmentation globale — 35,1 milliards de dollars — ce qui s’explique par la taille même des exportations du Canada vers son plus important partenaire commercial; celles-ci atteignent actuellement 370,3 milliards de dollars, soit 69,5 p. 100 des exportations totales de biens et services du Canada. Cette proportion est en légère baisse par rapport au niveau de 70,4 p. 100 observé en 2010. La progression des exportations vers les autres grandes régions a été supérieure à la moyenne : 12,6 p. 100 vers l’Union européenne (UE), 15,3 p. 100 au Japon et 16,4 p. 100 vers le reste du monde (RdM), qui englobe tous les pays de l’OCDE (sauf les États-Unis, l’UE et le Japon) et tous les pays non membres de l’OCDE. En conséquence, les parts de toutes les autres destinations des exportations canadiennes ont augmenté aux dépens de celle des États-Unis. L’an dernier, les exportations vers l’Union européenne étaient en hausse de 6,2 milliards de dollars, pour atteindre 55,3 milliards de dollars, nonobstant les difficultés financières et budgétaires que connaît la zone euro. De même, en dépit de la situation difficile de l’économie japonaise, les exportations de biens et services au Japon ont augmenté de 1,7 milliard de dollars, à 12,6 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année. Les exportations vers le RdM ont connu la plus forte expansion, et la part des exportations canadiennes de biens et services détenue par cette région est passée de 17,0 p. 100 en 2010 à 17,7 p. 100 en 2011. Cela s’est traduit par une augmentation de 13,3 milliards de dollars des exportations vers ces pays, qui ont atteint 94,2 milliards de dollars l’an dernier.

Les importations de biens et services de toutes les grandes régions ont augmenté plus lentement que les exportations. En 2011, le Canada a importé 7,6 p. 100 plus de biens et services des États-Unis, soit 23,9 milliards de dollars, par rapport à l’année précédente. Cette hausse est plus lente que la moyenne et cela a réduit à 60,8 p. 100 (337,8 milliards de dollars) la part des États-Unis dans la composition des importations canadiennes; il s’agit d’une baisse par rapport à l’année précédente (61,8 p. 100). Contrairement à ce que l’on observe du côté des exportations, les importations provenant du Japon ont diminué — de 683 millions de dollars, soit 5,9 p. 100. Cela s’est traduit par une baisse de la part des importations que détient le Japon, de 2,3 p. 100 en 2010 à 1,9 p. 100 en 2011. Les parts des importations cédées par ces deux grandes économies ont été récupérées presque entièrement par les destinations du RDM, dont la part combinée est grimpée à 26,3 p. 100 en 2011, contre 25,1 p. 100 en 2010 et 24,1 p. 100 en 2009. La valeur des importations canadiennes de biens et services en provenance du RdM a progressé de 18,7 milliards de dollars l’an dernier, soit 14,7 p. 100, pour atteindre 145,9 milliards de dollars. Le taux de croissance des importations de l’Union européenne a été de 10,6 p. 100 et la part de cette région à légèrement avancé, à 11,0 p. 100. Les importations de l’Union européenne ont progressé de 5,9 milliards de dollars en valeur, terminant l’année à 61,1 milliards de dollars.

La réduction de 8,6 milliards de dollars du défi cit commercial est principalement attribuable à l’augmentation de l’excédent avec les États-Unis. La croissance plus rapide des exportations que des importations s’est traduite par une amélioration de 11,2 milliards de dollars du solde commercial avec ce pays, produisant un excédent de 32,5 milliards de dollars. Le solde commercial avec l’Union européenne a peu changé en 2011, affi chant une légère amélioration de 0,3 milliard de dollars; par contre, le solde commercial avec le Japon s’est amélioré sensiblement — passant d’un défi cit de 0,6 milliard de dollars à un excédent de 1,8 milliard de dollars. Ces améliorations ont été partiellement annulées par l’aggravation du défi cit commercial avec le RdM, qui a augmenté de 5,4 milliards de dollars en 2011 pour s’établir à 51,7 milliards de dollars en fi n d’année. Dans l’ensemble, l’année écoulée a été marquée par la première amélioration du solde global des échanges commerciaux depuis la crise de 2009, ce qui a contribué à éliminer plus du quart du défi cit commercial exceptionnel du Canada.

Commerce, production et emploi au Canada

Le ratio des exportations au produit intérieur brut (PIB) est souvent utilisé pour mesurer la vitalité d’une économie, le raisonnement étant que les exportations créent des emplois et haussent les revenus en élargissant le marché desservi par les biens et services produits dans l’économie. À cet égard, le contexte économique des années 1990 a été plutôt favorable aux exportateurs canadiens : la part des exportations dans le PIB a augmenté de façon substantielle au cours de cette décennie pour atteindre 45,6 p. 100 en 2000, alors qu’elle n’était que de 25,1 p. 100 en 1991; par la suite, ce ratio a fl échi pour s’établir à 31 p. 100 en 2011.

Cependant, la comparaison des exportations au PIB est trompeuse parce que le PIB est une mesure du contenu à valeur ajoutée de la production, tandis que les exportations sont l’équivalent des ventes brutes, sans tenir compte de l’endroit où sont produits les intrants intermédiaires. Afi n d’évaluer le contenu national des exportations, il faut retrancher le contenu en importations des exportations.

Statistique Canada a produit diverses études en utilisant des tableaux d’entréessorties (E/S) pour montrer la mesure dans laquelle des importations et des emplois sont incorporés aux exportations. Les tableaux d’E/S présentent une comptabilité détaillée des achats faits par l’ensemble des industries en vue de la production de leurs extrants. En soustrayant les achats faits auprès d’autres industries de la production brute, il est possible de dériver la valeur ajoutée et les importations par industrie. Ensuite, ces données peuvent être utilisées pour évaluer le coeffi cient d’intensité des importations d’une industrie et soustraire le contenu en importations de la production.

Ces études ont révélé qu’à mesure que le ratio des exportations au PIB augmentait durant les années 1990, les entreprises canadiennes haussaient également la quantité d’importations qu’elles utilisaient pour produire des exportations (Cameron, 1999; Ghanem et Cross, 2003) : le contenu global en importations des exportations canadiennes a atteint un sommet à environ un tiers en 1999 (Ghanem et Cross, 2003) avant de retomber à 27,1 p. 100 en 2003 (Ghanem et Cross, 2008). En retranchant le contenu en importations des exportations, la part des exportations à valeur ajoutée dans le PIB est passée de 31,4 p. 100 en 2000 à 27,9 p. 100 en 2004 (Ghanem et Cross, 2008). Cependant, ces études de Statistique Canada sont demeurées essentiellement silencieuses sur le nombre d’emplois intégrés aux exportations, à une exception près : l’étude de 1999 de Cameron qui affi rmait que 21 p. 100 de l’ensemble des emplois étaient directement ou indirectement dérivés des exportations.

La section suivante réexamine la problématique des importations et des emplois incorporés aux exportations à l’aide des tableaux d’E/S de Statistique Canada pour 2008 — l’année la plus récente pour laquelle ces données sont disponibles.

Importations et emplois intégrés aux exportations en 2008

En 2008, les exportations représentaient 35,4 p. 100 du PIB. Cependant, lorsque le contenu en importations (26,3 p. 100) est retranché des exportations brutes, la part des exportations à valeur ajoutée dans le PIB glisse à 26,1 p. 100. Le tableau 1 fait voir qu’en moyenne, 10,1 p. 100 de tous les emplois étaient directement liés aux exportations et que chaque emploi direct créé engendrait indirectement 0,9 emploi (par l’intermédiaire des intrants nécessaires pour produire les biens exportés — p. ex. l’acier entrant dans la fabrication des véhicules)1. Ce qui veut dire que, dans l’ensemble de l’économie, 19,3 p. 100 de tous les emplois étaient directement ou indirectement liés aux exportations, soit un emploi sur cinq.

Tableau 1
Contenu en emplois et en importations intégré aux exportations en 2008
SecteurPart des exportations dans le PIB (%)Contenu en importations des exportations (%)Part de la valeur ajoutée des exportations dans le PIBP (%)Pourcentage des emplois de l’industrie directement liés aux exportations (%)Multiplicateur de l’emploi des exportations (%)Pourcentage de tous les emplois du secteur liés aux exportations (%)
Sources : Statistique Canada, Division des E/S et calculs de l’auteur
Ensemble de l’économie35,426,326,110,11,919,3
Agriculture, forêt, pêche et chasse65,418,853,123,01,943,6
Extraction minière, pétrolière et gazière76,57,870,532,53,7118,6
Services publics10,910,49,87,61,813,5
Construction0,214,20,10,01,60,1
Fabrication164,440,198,543,02,293,1
Services10,811,99,56,01,59,2

Les six principaux sous-secteurs de l’économie montrent une variation considérable de leur orientation vers l’exportation — la part des exportations dans le PIB sectoriel. Comme on peut s’y attendre, les activités de construction sont presque exclusivement concentrées sur le marché intérieur, tandis que les manufacturiers canadiens, toujours à la recherche de nouveaux débouchés à l’étranger, ont le degré le plus élevé d’orientation vers l’exportation, soit 164 p. 100. Même s’il peut sembler étrange que ce secteur ait un degré d’orientation vers l’exportation supérieur à 100 p. 100 (puisque les exportations ne constituent qu’une partie de la production totale), un tel ratio s’explique par le fait que les tableaux d’E/S présentent les exportations par secteur et expriment ces valeurs sur une base brute, tandis que le PIB représente la valeur ajoutée dans le secteur. Ainsi, un secteur comme la fabrication se voit créditer la pleine valeur de l’exportation, mais il peut n’avoir contribué qu’une infi me partie de la valeur ajoutée aux produits fi nals exportés. De plus, la fragmentation accrue du processus de production a engendré des flux commerciaux dont la progression a été plus rapide que celle de la production — des biens intermédiaires peuvent être échangés et traverser la frontière à plusieurs reprises avant qu’un produit ne trouve sa forme fi nale. Le résultat net est vraisemblablement un gonflement des flux d’exportations bruts (en raison du multiple comptage) par rapport à la valeur ajoutée à chaque étape de la production.

Dans la plupart des secteurs, le contenu en importations des exportations est d’environ 10 p. 100, avec des variations mineures. Les secteurs qui font exception sont celui de l’agriculture, de la forêt, de la pêche et de la chasse, dont le ratio est tout juste inférieur à 19 p. 100, et celui de la fabrication, où il dépasse légèrement 40 p. 100.

Tel que prévu, étant donné la forte pondération des biens dans les exportations totales du Canada, les secteurs de biens affi chent les parts les plus élevées de l’emploi de l’industrie lié aux exportations. La fabrication vient en tête, avec 43 p. 100 de tous les emplois directement liés aux exportations en 2008. Le secteur de l’extraction minière, pétrolière et gazière arrive au second rang, avec environ le tiers des emplois, suivi du secteur de l’agriculture, de la forêt, de la pêche et de la chasse.

On peut voir au tableau 1 que le multiplicateur de l’emploi des exportations est plus élevé dans le secteur de l’exploration minière, pétrolière et gazière, soit 3,7. Si on les conjugue à l’impact de l’emploi direct (32,5 p. 100), les exportations de produits minéraux, de pétrole et de gaz engendrent des emplois dans l’économie équivalant à 118,6 p. 100 (ou plus de la totalité) des emplois dans ce secteur. De façon similaire, alors que plus de 40 p. 100 des emplois manufacturiers dépendent directement des exportations et que le multiplicateur de l’emploi total est de 2,2, les exportations du secteur manufacturier engendrent l’équivalent de 93 p. 100 de tous les emplois manufacturiers au sein de l’économie. À l’autre extrémité, pour chaque emploi engendré par les exportations de services, un demiemploi additionnel est créé ailleurs dans l’économie. Globalement, les exportations de services ne créent directement que 6 p. 100 des emplois dans les services et l’équivalant de 9 p. 100 de l’ensemble des emplois liés aux services dans l’économie.

Les industries d’exportation versent-elles une rémunération supérieure?

L’un des arguments à l’appui de la libéralisation du commerce est que les entreprises exportatrices versent à leurs employés des salaires plus élevés que les entreprises qui n’exportent pas2. Les donnée catégories ‘exportateurs’ et ‘non-exportateurs’, mais elles permettent de faire une répartition selon l’intensité des exportations d’une industrie (la part des exportations dans le PIB de l’industrie) et une comparaison de cette intensité par rapport à la rémunération horaire moyenne que touchent les travailleurs de l’industrie. Même si la plupart des secteurs exportent dans une certaine mesure, l’analyse cible les secteurs de production de biens, refl étant le fait que les biens représentent la plus grande partie des exportations du Canada; le secteur manufacturier a été ventilé en 20 sous-secteurs3.

Tableau 2
Intensité des exportations et rémunération dans les secteurs de production de biens4
Intensité des exportationsExportations en pourcentage du PIB (%)Rémunération horaire totale ($)
Sources : Statistique Canada, Division des E/S et calculs de l’auteur
Élevée292,239,99
Modérée148,930,45
Faible76,225,96

Tableau 2a
Corrélation entre la rémunération horaire et la part des exportations dans le PIB — fabrication0,68
Corrélation entre la rémunération horaire et les exportations par employé — fabrication0,80

Le tableau 2 révèle qu’au niveau agrégé, plus la part des exportations dans le PIB est élevée, plus sera élevée la rémunération horaire totale. De façon générale, les secteurs de biens qui ont l’intensité d’exportation la plus élevée versent des salaires5 qui, en moyenne, sont plus de 50 p. 100 supérieurs à ceux des secteurs qui ont la plus faible intensité d’exportation. Lorsque les salaires et l’intensité des exportations sont mis en corrélation secteur par secteur pour les 20 sous-secteurs de fabrication, la relation tient et le coefficient de corrélation atteint 0,68. Lorsque les salaires sont mis en corrélation avec les exportations par employé, le taux de corrélation grimpe à 0,80, ce qui signifi e que les salaires augmentent à mesure que s’élèvent les exportations par employé6.

Bibliographie

Breau, Sébastien et W. Mark Brown (2011), « Liaisons globales : exportation, investissement étranger direct et rémunération : données du secteur canadien de la fabrication », L’économie canadienne en transition, Statistique Canada, no 11-622 au Catalogue — no 021, août.

Cameron, Grant (1999), « Exportations, PIB et emplois », Perspectives, Statistique Canada, no 75-001 au Catalogue, hiver 1999, p. 39 à 41.

Cross, Philip et Ziad Ghanem (2006), « Multiplicateurs et impartition : interaction des branches d’activité et infl uence sur le PIB », L’observateur économique canadien, Statistique Canada, no 11-010 au Catalogue, janvier 2006, p. 3.1 à 3.18.

Ghanem, Ziad et Philip Cross (2003), « L’ampleur des importations dans les exportations des provinces », L’observateur économique canadien, Statistique Canada, no 11-010 au Catalogue, juin 2003, p. 3.1 à 3.6.

Ghanem, Ziad et Philip Cross (2008), « À la trace du commerce à valeur ajoutée : contenu des exportations en intrants », L’observateur économique canadien, Statistique Canada, no 11-010 au Catalogue, février 2008, p. 3.1 à 3.12.


1 En d’autres termes, les exportations totales ont un effet multiplicateur de 1,9 sur l’emploi, ce qui signifi e que chaque emploi lié directement aux exportations est lui-même associé à 1,9 emploi dans l’économie (1 emploi direct et 0,9 emploi indirect). Selon Cross et Ghanem (2006), ces multiplicateurs illustrent les liens entre un changement touchant un facteur dans une industrie et ses retombées sur d’autres industries.

2 Une étude récente de Breau et Brown (2011) montre que les exportations comportent une prime salariale de 6 p. 100, après avoir neutralisé l’effet des caractéristiques propres aux usines de fabrication et aux travailleurs.

3 En outre, les services publics, la construction et les services de soutien aux secteurs de l’extraction et de la forêt ont été retranchés de l’analyse.

4 Les secteurs classés comme ayant une intensité d’exportation élevée incluent notamment le matériel de transport, la fabrication de produits du pétrole et du charbon, la fabrication de métaux de première fusion et les produits chimiques. Ces secteurs ont un degré d’intensité à l’exportation supérieur à 200 p. 100 du PIB sectoriel. Les secteurs qui ont une intensité d’exportation modérée incluent notamment la fabrication du papier, les ordinateurs et produits électroniques, le matériel et les appareils électriques, les machines, les produits en cuir, les textiles, les vêtements, les plastiques et le caoutchouc, les produits manufacturés divers et les produits en bois. Ces secteurs font voir un degré d’intensité des exportations qui se situe entre 100 p. 100 et 200 p. 100. Enfi n, les secteurs qui sont classés comme ayant une faible intensité d’exportation affi chent un degré d’intensité des exportations inférieur à 100 p. 100 du PIB sectoriel. Ces secteurs incluent notamment les meubles, la pêche, la chasse et le piégeage, la fabrication d’aliments, l’extraction minière, pétrolière et gazière, la production céréalière et animalière, la fabrication de produits métalliques, les minerais non métalliques, les produits d’imprimerie, les boissons et le tabac, et la foresterie et l’abattage.

5 Plus exactement, il s’agit de la rémunération horaire; dans la suite, celle-ci est assimilée aux salaires.

6 Il s’agit d’une corrélation simple et, à ce titre, elle ne suppose pas de causalité. La documentation économique incite à penser que d’autres facteurs tels que la taille de l’usine, l’intensité du capital, le contrôle étranger et le statut d’entreprise comptant plusieurs unités ont un lien positif avec des salaires plus élevés. Voir Breau et Brown (2011) pour une analyse plus détaillée des causes possibles de ces primes salariales.

Le commerce des biens

Si les services occupent une place dominante dans le PIB des économies modernes, y compris celles du Canada, la part du lion des exportations canadiennes provient toujours des biens, et cette situation devrait se prolonger pendant des années à venir. Les biens représentaient 85,9 p. 100 des exportations en 2011, une part un peu plus élevée que celle de 85,0 p. 100 observée un an plus tôt. Les expéditions de biens sont beaucoup plus sensibles aux aléas de l’économie que les services, tant en volume qu’au niveau des prix, et elles ont donc tendance à varier davantage au cours des récessions et des reprises, engendrant des mouvements de plus grande ampleur dans le commerce global et le PIB. Il n’est pas étonnant alors que le rôle dominant revienne aux biens au moment où se poursuit la reprise commerciale au Canada. Les exportations totales de biens ont augmenté de 13,0 p. 100 l’an dernier, soit de 52,7 milliards de dollars, pour atteindre 457,5 milliards de dollars. Cette hausse représentait 93,6 p. 100 de l’expansion totale des exportations. Globalement, le commerce a augmenté de 104,1 milliards de dollars, les biens étant responsables de 91,3 p. 100 de ce gain. Le commerce total des biens a grimpé jusqu’à 2 p. 100 sous son niveau de 2008. En 2011, le Canada a enregistré un premier excédent dans ses échanges de biens depuis 2008.

Sur une augmentation totale de 52,7 milliards de dollars des exportations, 34,0 milliards de dollars (64,5 p. 100) provient des exportations aux États-Unis, ce qui correspond à une hausse de 11,5 p. 100 sur l’année. Parallèlement, les importations en provenance des États-Unis ont fourni exactement la moitié de l’augmentation totale des importations de biens, qui a atteint 42,3 milliards de dollars en 2011. Étant donné que les importations provenant des États-Unis ont progressé de seulement 8,1 p. 100, l’excédent du commerce des biens du Canada avec son principal partenaire commercial a augmenté de 12,8 milliards de dollars pour atteindre 49,6 milliards de dollars l’an dernier.

Plus du cinquième de la croissance des exportations de biens (21,1 p. 100) est imputable aux destinations du reste du monde (RdM). Les exportations vers ce groupe de pays ont augmenté de 18,0 p. 100, gagnant 11,1 milliards de dollars en 2011 pour s’établir à 73,1 milliards de dollars. Les importations de biens ont avancé presque aussi rapidement, soit à un taux de 15,9 p. 100, correspondant à un gain de 16,5 milliards de dollars en raison de volumes d’échanges plus élevés, pour atteindre 119,9 milliards de dollars en fi n d’année. Ces mouvements ont creusé le défi cit du commerce des biens entre le Canada et le RdM de 5,3 milliards de dollars, à 46,8 milliards de dollars.

Les exportations de biens canadiens vers l’Union européenne (UE) ont progressé de 16,3 p. 100 l’an dernier, ajoutant 5,9 milliards de dollars, pour atteindre 42,4 milliards de dollars. Les importations ont avancé un peu plus lentement, soit à un rythme de 13,5 p. 100 (5,4 milliards de dollars), à 45,8 milliards de dollars, ce qui équivaut à 10,0 p. 100 des importations totales de biens au Canada. L’effet net a été de réduire le défi cit du commerce des biens du Canada avec l’UE de 0,5 milliard de dollars; ce défi cit est donc passé de 3,9 milliards de dollars en 2010 à 3,4 milliards de dollars l’an dernier.

Les exportations de biens au Japon ont progressé de 16,9 p. 100 en 2011, soit 1,6 milliard de dollars, terminant l’année à 11,4 milliards de dollars. Par ailleurs, les importations en provenance du Japon ont reculé de 7,6 p. 100, soit une perte de 0,8 milliard de dollars en valeur. Les importations de biens du Japon ont atteint 9,3 milliards de dollars pour l’année 2011. Par conséquent, le solde du commerce des biens avec le Japon s’est amélioré de 2,4 milliards de dollars, passant d’un déficit de 0,4 milliard de dollars en 2010 à un excédent de 2,1 milliards de dollars en 2011.

Performance sectorielle du commerce des biens

La reprise du commerce des biens s’est accélérée en 2011, les exportations dépassant leurs niveaux d’avant la récession dans certains secteurs clés. Six des sept grands secteurs ont enregistré des gains. En grande partie, le taux de croissance dans les deux chiffres (13,0 p. 100) du commerce des biens s’explique par des prix plus élevés (hausse globale de 8,6 p. 100). En comparaison, les volumes exportés n’ont progressé que de 4,0 p. 100. Dans une proportion de plus des trois quarts, la croissance globale provient de l’augmentation des exportations de produits énergétiques et de biens et matériaux industriels. Ces secteurs ont fourni près de la moitié des exportations totales de biens du Canada en 2011.

Figure 4-3 Croissance des exportations de biens du Canada par grand groupe, 2011
Tableau pour Figure 4-3
Croissance des exportations de biens du Canada par grand groupe, 2011
 ValeursVolumesPrix
Ensemble des biens12,948,6
Agroalimentaire11,1-2,113,5
Énergie224,816,4
Forêt2,43-0,6
Biens industriels21,25,814,6
Machines5,96-0,1
Automobiles4,45,8-1,3
Biens de consommation-0,5-1,10,6

Les biens et matériaux industriels ont été le plus important secteur d’exportation pour une deuxième année d’affilée, enregistrant une croissance de 21,2 p. 100 en 2011, soit presque autant que l’année précédente. Cela a ajouté 20,4 milliards de dollars à la valeur des exportations de ce secteur, qui sont passées à 117,0 milliards de dollars, un niveau supérieur au sommet d’avant la récession. L’importance de ce secteur ne cesse d’augmenter : il représente aujourd’hui 25,5 p. 100 des exportations totales de biens canadiens. La hausse des prix des produits est responsable de plus des deux tiers de la croissance. Les métaux et alliages ont dominé les gains, avançant de 8,2 milliards de dollars, soit 22,7 p. 100, à 44,3 milliards de dollars. Cette catégorie a elle-même été stimulée par la sous-catégorie des pierres et métaux précieux, qui a fourni 6,4 milliards de dollars — plus des trois quarts — aux gains enregistrés dans les exportations de métaux et alliages. La hausse générale des prix de l’or et de l’argent est à l’origine de l’augmentation de 28,6 p. 100 des prix dans cette catégorie et, sous l’effet conjugué de ce facteur et de la progression des volumes (13,0 p. 100), la valeur des exportations a fait un bond spectaculaire de 45,3 p. 100. Parmi les métaux et alliages, cette robuste croissance n’a été dépassée que par celle des exportations de nickel (50,2 p. 100). Fait à noter, cette dernière performance s’explique par des volumes plus élevés (42,8 p. 100), plutôt que la hausse des prix (5,1 p. 100). La sous-catégorie des minerais métalliques est celle où la croissance a été la plus forte, à 34,4 p. 100, fournissant 4,5 milliards de dollars à l’augmentation globale des exportations en 2011. Les exportations de minerais de cuivre et de fer venaient en tête grâce à une expansion de 51,4 p. 100 (1,3 milliard de dollars) et de 33,1 p. 100 (1,5 milliard de dollars), respectivement, le premier groupe montrant des volumes accrus et le second, des prix plus élevés. La croissance de 18,8 p. 100 des exportations de produits chimiques (gain de 5,7 milliards de dollars) est attribuable à l’augmentation des prix des produits chimiques organiques et inorganiques, des volumes plus élevés d’exportation de plastiques et de caoutchouc synthétique, et une combinaison de ces deux facteurs pour les engrais. Les seuls produits importants qui ont encaissé un recul sont l’amiante (baisse de 45,3 p. 100) et le fer et l’acier primaire (recul de 23,4 p. 100); dans les deux cas, les pertes sont attribuables à des volumes inférieurs.

Les gains à l’exportation des produits énergétiques, le second secteur en importance, ont été les plus élevés de tous les secteurs, à 21,1 milliards de dollars (soit 23,2 p. 100), pour des exportations totales de quelque 112,1 milliards de dollars en 2011. Les hausses de prix sont le principal facteur à l’origine de ce gain. Dans une proportion de 85,6 p. 100, cette augmentation s’explique par la croissance des exportations de pétrole brut, en hausse de 36,3 p. 100, alors que les prix de ces produits avançaient de 18,5 p. 100 et que les volumes exportés étaient en expansion de 13,1 p. 100. Les prix du charbon ont bondi de plus de 40 p. 100, mais ceux de l’électricité ont fléchi de 10 p. 100; les prix des produits du pétrole et du charbon ont cependant progressé à peu près au rythme de l’augmentation des prix du pétrole brut (environ 20 p. 100). Par conséquent, les exportations d’électricité sont demeurées pratiquement inchangées sur l’année, les volumes plus élevés étant compensés par le recul de 10 p. 100 des prix. Les exportations de charbon ont augmenté de 2,0 milliards de dollars (38,4 p. 100), tandis que celles des produits du pétrole et du charbon gagnaient 3,2 milliards de dollars (17,9 p. 100). Les prix du gaz naturel ont chuté de 11,6 p. 100, entraînant une diminution de 2,2 milliards de dollars (14,3 p. 100) de la valeur des exportations de gaz naturel.

Les exportations de machines et matériel ont finalement stoppé le déclin qui se poursuivait depuis trois ans en inscrivant un gain de 4,5 milliards de dollars (5,9 p. 100), pour atteindre 80,6 milliards de dollars en 2011. Ce niveau demeure environ 14 p. 100 sous le sommet enregistré dans ce secteur en 2007. Toutes les catégories ont contribué à la progression, qui s’est appuyée sur des hausses de volumes puisque les prix dans ce secteur sont demeurés inchangés, à l’exception d’une baisse de 10 p. 100 des prix des machines et du matériel de bureau. Les exportations de machines industrielles et agricoles, qui représentent environ le quart des exportations de ce secteur, ont progressé le plus rapidement (11,9 p. 100), ajoutant 2,1 milliards de dollars à l’augmentation des exportations. Les aéronefs et autres matériels de transport, qui comptent aussi pour un quart des exportations, ont enregistré une croissance plus faible, soit 3,3 p. 100, fournissant 0,6 milliard de dollars en valeur. Le reste de la catégorie, les autres machines et matériels, a progressé de 4,4 p. 100 grâce à une augmentation des exportations d’autres matériels, outils et produits finals, tandis que l’augmentation des volumes exportés de machines et matériel de bureau a compensé la diminution des prix de ces produits.

Les exportations de produits de l’automobile, en recul de 2004 à 2009, ont connu une seconde année de reprise, quoique le gain ait été inférieur à celui de 2010, le marché des voitures personnelles aux États-Unis continuant d’afficher une faiblesse considérable. La progression de 4,4 p. 100 correspond à une augmentation de 2,5 milliards de dollars en valeur, portant le total à 59,3 milliards de dollars, ce qui est toujours un tiers sous le niveau record de 2004. Même si les exportations de camions et d’autres véhicules ont progressé considérablement (27,7 p. 100), cela ne représente que 0,6 milliard de dollars parce que cette catégorie a littéralement fondu au cours de la dernière décennie.

Les exportations de pièces de véhicules automobiles étaient en hausse de 3,3 p. 100 et ont contribué 0,5 milliard de dollars à la croissance totale. Les voitures de tourisme, qui représentent l’essentiel de cette catégorie, ont surmonté le repli de 1,8 p. 100 des prix pour enregistrer une augmentation globale de 3,5 p. 100, soit 1,3 milliard de dollars.

Les produits de l’agriculture et de la pêche sont l’autre grand secteur où les exportations ont dépassé leur niveau d’avant la récession, avec un gain de 11,1 p. 100, soit 4,1 milliards de dollars. Il y a donc eu renversement de la tendance baissière des dernières années. Les valeurs exportées ont terminé l’année à 41,0 milliards de dollars, avec des volumes en retrait de 2,1 p. 100 et des prix en hausse de 13,5 p. 100. Les hausses de prix ont touché principalement le blé (40,9 p. 100), l’orge (31,3 p. 100), les autres céréales (28,5 p. 100) et le canola (23,5 p. 100). Ainsi, les exportations de blé ont gagné 1,3 milliard de dollars et les exportations de canola, 1,2 milliard de dollars; le reste des gains était réparti parmi un grand nombre d’autres produits. Les animaux vivants sont le seul produit dont les exportations ont diminué (de 0,2 milliard de dollars), correspondant à une baisse de 29,1 p. 100 des volumes et une hausse de 20,3 p. 100 des prix.

Profil des entreprises de technologies propres au Canada — centrées sur leurs créneaux

Le secteur des technologies propres au Canada est souvent dépeint comme très prometteur. Parmi les caractéristiques clés de ce secteur, il y a le fait qu’en dépit d’une taille relativement modeste à l’échelle mondiale, il mise sur l’exportation, notamment vers des destinations autres que les États- Unis, pour une part élevée de ses revenus. Ce secteur a aussi une forte intensité de R-D, à l’exemple de l’industrie canadienne de l’aérospatiale. Ces facteurs donnent à penser que le Canada possède des atouts dans certains créneaux pour ancrer sa croissance future.

Le secteur des technologies propres comprend les industries A) qui produisent des biens ou services classiques, mais avec une empreinte sur l’environnement sensiblement moindre que celle des méthodes de production traditionnelles, B) qui produisent des biens ou services permettant de réduire l’utilisation de l’eau ou de l’énergie dans d’autres secteurs ou industries et C) qui réparent les dommages déjà causés à l’environnement. Un aspect clé de la défi nition d’une entreprise de technologie propre est qu’elle doit posséder une technologie exclusive qui la distingue de ses concurrentes plus traditionnelles1.

Technologie propre canadienne Revenus par industrie
Technologie propre canadienne Revenus par industrie
Industrie%
Procédés industriels15
Traitement des eaux14
Biocarburants et bioénergie9
Production d’énergie propre11
Infrastructure énergétique4
Restauration et traitement des sols2
Transports propres16
Recyclage et récupération13
Efficacité énergétique16

Étant donné la nature relativement nouvelle du secteur et le fait qu’il chevauche un certain nombre d’industries existantes, il correspond mal aux défi nitions courantes, au niveau des produits ou des industries. Pour contourner ce problème, le présent rapport utilise des données provenant du Rapport 2011 sur l’industrie canadienne des technologies propres.

Les entreprises de technologie proper sont généralement de petite ou moyenne taille. Bien que le secteur emploie 44 000 Canadiens, l’effectif moyen d’une entreprise est estimé à seulement 64 employés. En 2010, les entreprises canadiennes de technologie propre ont généré des revenus de 9 milliards de dollars et, selon les estimations, le taux annuel moyen composé de croissance de l’industrie depuis 2008 atteint 19 p. 100 —un taux particulièrement impressionnant étant donné que cette croissance est survenue alors que sévissait la récession mondiale. Les recettes du secteur se répartissent assez également entre les industries autres que celles liées à l’infrastructure énergétique et au traitement des sols, qui ont une taille relativement modeste.

Le secteur canadien des technologies propres est relativement petit à l’échelle mondiale, représentant seulement 0,8 p. 100 du marché mondial des technologies propres, estimé à 1,1 billion de dollars2, ce qui est largement inférieur à la part du Canada dans le commerce mondial (environ 2,6 p. 100 en 2010) et à la part du Canada dans l’économie mondiale (autour de 2,0 p. 100). Le Canada est un acteur relativement modeste dans la plupart des industries, dont la majorité arrivent sous le seuil de référence correspondant à la part de 2,0 p. 100 du PIB mondial détenue par le Canada. L’industrie du recyclage et de la récupération et celle des transports propres se démarquent parce qu’elles dépassent ce seuil de référence par une bonne marge, une indication probable de leur vitalité. Cependant, comme il est mentionné plus loin, l’industrie du recyclage et de la récupération demeure essentiellement tournée vers le marché intérieur.

Part canadienne du marché mondial
Part canadienne du marché mondial
Part du marché mondial%
Traitement des eaux1,1
Procédés industriels0,6
Efficacité énergétique0,8
Recyclage et récupération4,7
Transports propres2,5
Restauration et traitement des sols0,4
Infrastructure énergétique0,4
Production d’énergie propre0,4
Biocarburants et bioénergie0,9

Étant donné la taille relativement modeste du marché canadien, les entreprises de technologie propre au Canada doivent, presque dès le départ, viser à desservir les marchés mondiaux pour atteindre une échelle d’exploitation raisonnable. C’est la raison pour laquelle ces entreprises ont tendance à être relativement orientées vers les marchés d’exportation. En 2010, 80 p. 100 des entreprises de technologie propre étaient présentes sur les marchés d’exportation et, en moyenne, 53 p. 100 de leurs revenus totaux provenaient de l’extérieur du pays.

Il ne faut donc pas se surprendre que les États-Unis soient le premier marché convoité car il représente le tiers des recettes de cette industrie et 57 p. 100 de ses gains à l’exportation. Ce qui a de quoi étonner est que 23 p. 100 de revenus et 43 p. 100 des gains à l’exportation de ces industries proviennent de marchés étrangers autres que les États-Unis, une part sensiblement plus élevée que dans la plupart des industries manufacturières canadiennes. Dans une proportion de 55 p. 100, les entreprises de technologies propres ont exporté sur des marchés autres que les États-Unis en 2010. L’Europe était de loin le principal marché étranger hors des États-Unis, fournissant 11 p. 100 des revenus et près de la moitié des gains à l’exportation venant de destinations autres que les États-Unis.

Part des revenus d’exportation
Part des revenus d’exportation
 États-Unis
%
Autres que les É.-U.
%
Traitement des eaux3121
Procédés industriels4344
Efficacité énergétique204
Recyclage et récupération182
Transports propres4317
Restauration et traitement des sols323
Infrastructure énergétique4236
Production d’énergie propre2632
Biocarburants et bioénergie412

Un examen des parts des recettes provenant de l’exportation au niveau des industries individuelles révèle que les procédés industriels et l’infrastructure énergétique sont deux industries particulièrement tournées vers l’exportation. Vient ensuite l’industrie des transports propres qui, comme on l’a noté précédemment, est l’un des sous-secteurs où le Canada détient une part du marché mondial supérieure à la moyenne.

Il est en effet remarquable que presque toutes les industries misent sur les marchés étrangers pour une part importante de leurs revenus et, qui plus est, sur des marchés étrangers autres que les États- Unis. En 2010, quatre des neuf industries de ce secteur comptaient sur les marchés internationaux pour plus de 50 p. 100 de leurs revenus. Cela est certes une indication que ces industries occupent de solides créneaux dans leur sous-secteur respectif, en s’appuyant sur des technologies de propriété exclusive.

Le secteur des technologies propres a aussi un niveau élevé d’activités de R-D. Selon les estimations, ce secteur a globalement investi 985 millions de dollars en R-D en 2010, soit environ 11 p. 100 de son chiffre d’affaires. L’échelle de ces investissements est semblable à celle du secteur de l’aérospatiale.

Dans l’ensemble, les technologies propres constituent un secteur de l’économie canadienne en croissance rapide. Bien que le secteur ait actuellement une taille limitée à l’échelle mondiale, ses atouts résident dans l’exploitation de créneaux où il détient un avantage technologique et dans l’innovation. L’expansion sur les marchés internationaux sera donc une dimension clé de cette stratégie. Elle permettrait aux entreprises canadiennes de répartir leurs coûts de R-D sur les marchés internationaux en leur donnant accès à des capitaux concurrentiels à l’échelle mondiale, grâce auxquels elles pourront se développer pour atteindre l’échelle d’exploitation nécessaire.


1 Contrairement à certaines défi nitions utilisées pour ce secteur, les technologies propres ne comprennent pas les intrants en amont ou en aval ou les services de soutien tels que le fi nancement.

2 Selon le Rapport 2011 sur l’industrie canadienne des technologies propres, qui utilise une défi nition du secteur conforme aux autres données présentées dans cet article. Il existe diverses mesures alternatives de la taille de l’industrie fondées sur différentes défi nitions des secteurs et différentes méthodologies.

Les hauts et les bas du secteur des produits forestiers ont fait écho à ceux du secteur des produits de l’automobile. La forte croissance enregistrée en 2010 est venue mettre fi n à cinq années de repli, suivie d’une modeste croissance en 2011. Les exportations de produits forestiers étaient en hausse de 2,4 p. 100 l’an dernier (0,5 milliard de dollars), pour atteindre 22,4 milliards de dollars. L’augmentation des volumes de 3,0 p. 100 a fait contrepoids au fl échissement des prix de 0,6 p. 100. Le bois d’oeuvre a gagné 6,9 p. 100 (0,3 milliard de dollars) et les autres produits de bois brut ont progressé de 35,3 p. 100 (0,2 milliard de dollars), aidés par un bond de 10 p. 100 des prix.

Croisssance des importations de biens du Canada par grand groupe, 2011
Tableau pour Figure 4-4
Croisssance des importations de biens du Canada par grand groupe, 2011
 ValeursVolumesPrix
Ensemble des biens10,18,11,8
Agroalimentaire10,37,82,3
Énergie28,23,723,6
Forêt-4,9-1,3-3,7
Biens industriels12,75,66,7
Machines9,514,4-4,3
Automobiles3,75,6-1,8
Biens de consommation3,13,7-0,5

Les autres biens de consommation sont le seul autre grand secteur où la valeur des exportations a régressé; à 0,5 p. 100, la perte est plutôt marginale et ne représente que 75 millions de dollars. Néanmoins, 2011 marque la quatrième année de déclin pour ce secteur, qui englobe les meubles, le matériel de sport et les vêtements. Les volumes étaient en baisse de 1,1 p. 100, tandis que les prix montaient légèrement, soit de 0,6 p. 100.

Les importations de biens ont progressé de 10,2 p. 100 l’an dernier, à la faveur de la reprise continue de l’économie intérieure; la plus grande partie de l’augmentation est attribuable à des volumes accrus (8,1 p. 100). La valeur des importations a bondi de 42,3 milliards de dollars, pour atteindre 456,1 milliards de dollars en 2011, un sommet historique. Six des sept grands secteurs ont vu augmenter la valeur de leurs importations l’an dernier.

Les machines et le matériel ont été la plus importante catégorie d’importation en 2011, dépassant le niveau record d’avant la récession pour s’établir à 124,7 milliards de dollars grâce à une expansion de 9,5 p. 100 (10,8 milliards de dollars). Les prix ont globalement fl échi de 4,3 p. 100, mais les volumes importés ont augmenté beaucoup plus rapidement (14,4 p. 100). Plus de la moitié de cette progression est imputable à la hausse des importations de machines industrielles et agricoles, soit 5,5 milliards de dollars (18,4 p. 100). Cette catégorie atteint maintenant 35,7 milliards de dollars, soit bien au-delà du quart des importations canadiennes de machines et de matériel. L’an dernier, les hausses étaient dominées par les achats importants de matériel de forage et d’extraction minière à l’étranger — les volumes étaient en hausse de 76,9 p. 100, tandis que les prix fléchissaient de 8,8 p. 100; les valeurs importées ont donc augmenté de 61,4 p. 100, faisant une contribution de 1,1 milliard de dollars à la croissance pour l’ensemble de l’année. Les importations de machines d’excavation ont aussi affiché une forte croissance (30,5 p. 100), comme ce fut le cas des autres machines industrielles (17,9 p. 100) — tous les gains sont imputables à des volumes accrus. Les autres machines industrielles, qui représentent plus de la moitié de la catégorie des machines industrielles et agricoles, ont ajouté 2,7 milliards de dollars à la croissance de ce secteur. Les importations d’autres matériels de transport ont progressé de 20,1 p. 100 sous l’effet d’une expansion des volumes, gonflant de 1,1 milliard de dollars les importations totales du secteur. Les prix des machines et du matériel de bureau ont reculé de 17,2 p. 100, alors que les volumes importés augmentaient de 24,9 p. 100, entraînant une croissance de 0,5 milliard de dollars. Les autres machines et matériel — une vaste catégorie — ont enregistré une croissance plus égale cette année, soit 6,2 p. 100, grâce à des volumes accrus qui ont compensé une légère diminution des prix. En raison de la taille de cette catégorie, qui compte pour près de la moitié des importations canadiennes de machines et de matériel, sa contribution à l’augmentation des importations en 2011 a atteint 3,5 milliards de dollars.

En 2011, les biens et matériaux industriels sont demeurés la deuxième plus grande catégorie, avec des importations de 98,0 milliards de dollars, un niveau record. La croissance a atteint 12,7 p. 100 sur l’année, ajoutant 11,1 milliards de dollars aux importations totales de biens, les prix et les volumes contribuant à ces gains à parts presque égales. Les métaux et les minerais métalliques venaient en tête, avec une expansion de 6,9 milliards de dollars (20,7 p. 100). La sous-catégorie des métaux précieux a été le principal moteur dans cette catégorie, progressant de 34,2 p. 100 (principalement en volume) pour ajouter 3,8 milliards de dollars à la croissance des exportations de métaux et de minerais métalliques. L’augmentation relativement modeste de 8,7 p. 100 des prix des métaux précieux importés au Canada et la hausse beaucoup plus importante des prix à l’exportation (tel qu’indiqué précédemment), donne à penser que le Canada pourrait avoir importé plus de métaux bruts (comme de l’or et de l’argent) en vue de créer une valeur ajoutée cette année et profiter éventuellement des prix plus élevés des produits manufacturés à partir de ces métaux. Pour ce qui est des autres produits, les métaux sous forme de minerais et de concentrés ont enregistré une expansion de 18,6 p. 100, à l’instar des autres produits en fer et en acier, qui ont contribué 2,1 milliards de dollars aux valeurs importées dans cette catégorie, sous l’effet d’augmentations des prix et des volumes. Les autres catégories au sein du secteur des biens et matériaux industriels ont crû plus lentement; ainsi, les produits chimiques et les plastiques ont avancé de 8,8 p. 100 (2,6 milliards de dollars), principalement à cause d’une hausse des prix de 6,4 p. 100. Les volumes importés de produits chimiques organiques ont diminué de 10,4 p. 100, mais cette tendance a été compensée par une progression de 14,3 p. 100 des prix. La valeur des autres biens et matériaux industriels importés a progressé de 1,6 milliard de dollars (6,5 p. 100), ce qui est avant tout attribuable aux produits de base en métal, qui ont augmenté de 1,3 milliard de dollars (13,5 p. 100), sous l’impulsion de volumes accrus, alors que les prix sont demeurés stables.

Les importations de produits de l’automobile étaient en hausse pour une deuxième année d’affilée, augmentant de 3,7 p. 100, soit 2,6 milliards de dollars, pour atteindre 71,3 milliards de dollars en 2011. Un fléchissement des prix de 1,8 p. 100 a été compensé par une expansion des volumes de 5,6 p. 100. Les importations de camions et d’autres véhicules automobiles ont été la catégorie la plus importante sous l’angle de la croissance, gagnant 1,5 milliard de dollars, soit 8,8 p. 100. Les volumes étaient en hausse de 12,9 p. 100, contrant une baisse des prix de 3,6 p. 100. Les pièces de véhicules automobiles ont progressé de 2,8 p. 100 (0,8 milliard de dollars), mais il n’y a eu aucune variation significative des importations de voitures de tourisme.

Les autres biens de consommation demeurent un important secteur d’importation, qui n’a pas subi de recul important durant la récession; ces importations ont progressé de 3,2 p. 100 en 2011 (1,9 milliard de dollars) pour atteindre un niveau record de 59,6 milliards de dollars. Des hausses de volumes expliquent la plus grande partie de l’augmentation puisque les prix ont très peu changé en 2011. Les deux principaux contributeurs à la croissance des importations ont été les vêtements, avec un gain de 9,2 p. 100 (0,9 milliard de dollars) et les produits finals divers, avec un gain de 5,5 p. 100 (1,3 milliard de dollars).

Les importations de produits énergétiques ont enregistré une croissance substantielle en 2011 (29,7 p. 100). L’augmentation de 12,0 milliards de dollars a propulsé les importations totales dans cette catégorie à 52,6 milliards de dollars, ce qui se rapproche du niveau antérieur à la récession de 2008. Les prix ayant augmenté de 23,6 p. 100 en moyenne dans ce secteur, l’explication de la croissance repose principalement sur les prix, mais avec certaines nuances importantes. Les produits du pétrole et du charbon (combustibles raffinés) ont fourni 7,0 milliards de dollars à l’augmentation des importations grâce à une croissance spectaculaire de 60,7 p. 100, alimentée par une hausse des prix (28,2 p. 100) et des volumes accrus (25,3 p. 100). Les importations de pétrole ont progressé de 18,9 p. 100, apportant 4,5 milliards de dollars à la croissance, mais l’impact de la hausse de 38,0 p. 100 des prix a été amorti par un recul de 15,5 p. 100 des volumes importés. Parallèlement, les prix du charbon ont fléchi de 8,9 p. 100 tandis que les volumes importés progressaient de 19,4 p. 100, ce qui s’est soldé par une augmentation globale des importations de charbon de 0,5 milliard de dollars.

Depuis 2004, les importations de produits de l’agriculture et de la pêche ont progressé durant sept années consécutives et cette tendance s’est maintenue tout au long de la récession. L’augmentation de 10,3 p. 100 enregistrée l’an dernier a permis d’ajouter 3,0 milliards de dollars à la valeur des importations, qui ont atteint 32,6 milliards de dollars. Les prix plus élevés (2,3 p. 100) ont eu généralement un effet modéré, mais les volumes étaient en hausse de 7,8 p. 100. Les gains étaient largement répartis parmi les différentes catégories, la viande (gain de 17,7 p. 100), le sucre (23,7 p. 100) et les produits à base de légumes crus (24,2 p. 100) se démarquant du groupe. Chacune de ces catégories a fait une contribution de 0,4 milliard de dollars à l’augmentation totale des importations du secteur. La hausse de 21,9 p. 100 des prix explique la croissance des importations de produits à base de légumes crus, tandis que la viande et le sucre progressaient principalement en volume. Une hausse de 56,7 p. 100 du prix du maïs a entraîné une baisse de 39,1 p. 100 des volumes; par contre, les volumes de cacao, de café et de thé importés ont progressé de 25,4 p. 100, parallèlement à un recul de 9,8 p. 100 des prix.

Le secteur des produits forestiers est le seul où les importations ont diminué (de 130 millions de dollars, soit 4,9 p. 100). La valeur totale des importations était en baisse de 2,5 milliards de dollars, ce qui représente 0,5 p. 100 des importations totales de biens du Canada; il semble par ailleurs que la plus grande partie des besoins de l’économie en produits forestiers a été satisfaite par la production intérieure. Les valeurs importées de produits de bois brut et de matériaux fabriqués en bois ont diminué, sous l’effet d’un recul des volumes dans le premier cas et d’une diminution des prix dans le second.


Tableau 4-2
Commerce des services du Canada par secteur, 2010 et 2011
(millions de dollars et variation annuelle en pourcentage)
 ExportationsImportationsSolde
20102011Crois. (%)20102011Crois. (%)20102011Var. ($)
Source : Statistique Canada, CANSIM, tableau 376-0035
Total, ensemble des services71 25374 8455,0 %94 01099 4665,8 %-22 757-24 621-1 864
Voyages16 19816 7593,5 %30 46332 6617.2 %-14 265-15 902-1 637
Voyages d’affaires2 7202 8294.0 %3 8924 0313,6 %-1 172-1 202-30
Voyages personnels13 47813 9303,4 %26 57128 6307,7 %-13 093-14 700-1 607
Transport12 00513 25010,4 %21 03423 1249,9 %-9 029-9 874-845
Transport par eau3 0783 55015,3 %8 91310 35916,2 %-5 835-6 809-974
Transport aérien5 6646 31711,5 %9 69310 2956,2 %-4 029-3 97851
Transport terrestre et autres3 2623 3843,7 %2 4262 4701,8 %83691478
Services commerciaux41 26343 2214,7 %41 18342 3472,8 %80874794
Services de communication3 0493 36810,5 %2 3562 144-9,0 %6931 224531
Services de construction2682897,8 %23542781,7 %33-138-171
Services d’assurance4 5244 5390,3 %6 4276 7414,9 %-1 903-2 202-299
Autres services financiers3 4093 6818,0 %3 7693 458-8,3 %-360223583
Services informatiques et d’information5 0414 982-1,2 %2 9913 1435,1 %2 0501 839-211
Redevances et droits de licence3 9283 796-3,4 %8 9268 9880,7 %-4 998-5 192-194
Services de gestion5 2505 7309,1 %5 2124 990-4,3 %38740702
Recherche et développement3 9004 44514,0 %1 1561 2276,1 %2 7443 218474
Services d’architecture, d’ingénierie et autres services techniques4 9644 809-3,1 %2 8023 56527,2 %2 1621 244-918
Autres services aux entreprises4 6665 1029,3 %4 6225 0198,6 %448339
Services audiovisuels2 2642 4799,5 %2 6862 646-1,5 %-422-167255
Services gouvernementaux1 7881 616-9,6 %1 3321 3320,0 %456284-172

Le commerce des services

L’année 2011 a été marquée par la reprise continue du commerce des services. La croissance de 5,0 p. 100 des importations de services a poursuivi la tendance amorcée en 2010, ajoutant 3,6 milliards de dollars aux exportations de services canadiens, pour établir un nouveau record à 74,8 milliards de dollars. Les importations de services ont aussi fracassé les records antérieurs, atteignant 99,5 milliards de dollars grâce à une augmentation de 5,8 p. 100 (5,5 milliards de dollars). En conséquence, le déficit du commerce des services du Canada s’est creusé de 1,9 milliard de dollars, pour s’établir à 24,6 milliards de dollars en 2011. L’essentiel de l’augmentation du déficit est imputable au déficit grandissant des services de voyage (15,9 milliards de dollars l’an dernier, essentiellement dans la sous-catégorie des voyages personnels). Ailleurs, l’aggravation du déficit des services de transport a été compensée par une amélioration du solde des échanges de services commerciaux. Le commerce des services a représenté 16,0 p. 100 des échanges totaux du Canada en 2011.

Traditionnellement, le Canada a enregistré un déficit au chapitre du commerce des services avec ses principaux partenaires. En termes nominaux et relatifs, le déficit le plus important a été enregistré avec les États-Unis (17,1 milliards de dollars, soit 69,4 p. 100 du déficit total), suivi du RdM, à 4,9 milliards de dollars, de l’UE, à 2,4 milliards de dollars, et du Japon, à 0,3 milliard de dollars. Pour l’essentiel, l’augmentation du déficit des services l’an dernier peut être reliée au déficit croissant avec les États-Unis, qui s’est aggravé de 1,6 milliard de dollars en 2011. Les déficits avec l’UE et le Japon ont aussi augmenté légèrement, tandis que le déficit avec le RdM diminuait de 0,2 milliard de dollars.

Les services de voyage et de tourisme ont compté pour 28,3 p. 100 des échanges totaux de services du Canada, mais ce secteur donne habituellement le ton au solde global des échanges puisque les importations de services de voyage (les Canadiens voyageant à l’étranger) sont généralement supérieures aux exportations (les étrangers voyageant au Canada) et cela, par une marge substantielle. La vigueur continue et croissante du dollar canadien en 2011 a maintenu un contexte favorable pour que les Canadiens prennent des vacances à l’étranger ou visitent des pays étrangers. Les dépenses de voyage faites par les Canadiens à l’étranger ont augmenté de 7,2 p. 100 (2,2 milliards de dollars), pour l’essentiel des voyages personnels, tandis que les voyages des étrangers au Canada n’ont progressé que de 3,5 p. 100 (0,6 milliard de dollars). Les importations de services de voyage ont grimpé pour rejoindre le niveau sans précédent de 32,7 milliards de dollars, représentant une augmentation de plus de 60 p. 100 depuis 2004. Le solde des échanges de voyages d’affaires est demeuré pratiquement inchangé sur l’année et l’accroissement du déficit est presque entièrement attribuable aux voyages personnels.

Les échanges de services de transport ont rebondi fortement en 2011, les importations et les exportations dépassant leurs niveaux records d’avant la récession. Les exportations ont ajouté 1,2 milliard de dollars (10,4 p. 100), tandis que les importations avançaient de 2,1 milliards de dollars (9,9 p. 100). Les exportations de services de transport par eau sont celles qui ont crû le plus rapidement, soit à un rythme de 15,3 p. 100, suivies du transport aérien, à 11,5 p. 100, le transport terrestre et les autres modes de transport venant loin en troisième place, avec une croissance de 3,7 p. 100. Les importations de services de transport par eau sont aussi celles qui ont connu la plus forte expansion (16,2 p. 100), alors que le transport aérien a crû de 6,2 p. 100 et le transport terrestre et les autres modes de transport, de 1,8 p. 100. Le solde commercial déficitaire s’est élargi de 0,8 milliard de dollars sur l’année, ce qui est principalement imputable aux importations élevées de services de transport par eau.

Le large éventail de services commerciaux a produit un excédent commercial inattendu au Canada pour la seconde année d’affilée. Les exportations ont avancé de 2,0 milliards de dollars, (4,7 p. 100), tandis que les importations ne progressaient que de 1,2 milliard de dollars (2,8 p. 100). Cela a entraîné un excédent des échanges de 0,9 milliard de dollars, ce qui est 0,8 milliard de dollars de plus que l’année précédente. Les exportations ont fortement augmenté dans les services de recherche-développement (gain de 0,5 milliard de dollars, soit 14,0 p. 100), les services de communication (hausse de 0,3 milliard de dollars, soit 10,5 p. 100) et les services audiovisuels (progression de 0,2 milliard de dollars, soit 9,5 p. 100). Des gains substantiels ont aussi été enregistrés dans les services de gestion et les autres services financiers. Les redevances et les droits de licences et les exportations de services d’architecture et de génie ont subi des reculs de 3,4 p. 100 et 3,1 p. 100, respectivement. Les importations de services de construction étaient en hausse (0,2 milliard de dollars, soit 81,7 p. 100), comme les services d’architecture et de génie et les autres services techniques (0,8 milliard de dollars, soit 27,2 p. 100) et les autres services divers aux entreprises (0,4 milliard de dollars, soit 8,6 p. 100). En revanche, les importations de services de communication ont fléchi (0,2 milliard de dollars, soit 9,0 p. 100), de même que les services financiers (0,3 milliard de dollars, soit 8,3 p. 100) et les services de gestion (0,2 milliard de dollars, soit 4,3 p. 100).

Les mouvements opposés des exportations et des importations de services de gestion, d’autres services financiers et de services de communication ont contribué le plus à l’augmentation de l’excédent des échanges de services, avec des contributions respectives de 0,7 milliard de dollars, 0,6 milliard de dollars et 0,5 milliard de dollars. Un effet ayant joué en sens contraire est l’augmentation des importations et la diminution des exportations de services architecturaux et de génie et d’autres services techniques, qui ont entraîné une baisse de l’excédent commercial de 0,8 milliard de dollars dans cette catégorie et limité d’autant l’amélioration globale du solde des échanges de services du Canada.

Le compte courant

Le compte courant enregistre les flux totaux de transactions entre le Canada et ses partenaires commerciaux au cours d’une année. Le commerce des biens est la principale composante de ces transactions, alors que les échanges de services arrivent loin derrière au second rang. Ces deux composantes ont été discutées en détail précédemment dans ce chapitre; les deux autres volets du compte courant — les revenus de placements et les transferts courants — seront expliqués brièvement dans la présente section. Les rentrées à ces deux postes peuvent être considérées comme des exportations, tandis que les paiements peuvent être vus comme des importations.

Les flux de revenus de placements sont constitués des rentrées et des paiements sur les investissements directs, les placements de portefeuille et les autres investissements. Ce poste est habituellement déficitaire au Canada et l’année 2011 n’a pas fait exception. Les montants reçus par les investisseurs canadiens ont progressé de 4,8 milliards de dollars, les revenus sur les investissements directs étant à l’origine de cette augmentation. Parallèlement, les paiements versés à des investisseurs étrangers ont augmenté de 9,5 milliards de dollars. Cela est essentiellement imputable aux montants versés sur les investissements directs, en hausse de 8,8 milliards de dollars; les paiements sur les placements de portefeuille ont crû de 2,4 milliards de dollars, tandis que les montants payés aux autres investisseurs chutaient de 1,7 milliard de dollars. Le résultat net de ces mouvements est une augmentation de 4,6 milliards de dollars du déficit du Canada au poste des revenus de placements. Globalement, les flux d’investissement direct représentent la plus grande part des flux financiers à court terme dans cette catégorie et, pour l’essentiel, il y a équilibre entre les rentrées et les paiements. La presque totalité du déficit du Canada au poste des revenus de placements provient du déficit enregistré dans les placements de portefeuille en 2011.

Composition du compte courant du Canada, 1990-2011
Tableau pour Figure 4-5
Composition du compte courant du Canada, 1990-2011
(Milliards $)
 Ensemble du compte courantBiensServicesRevenues d’investissement et transferts courants
1990-23,13511,056-10,637-23,554
1991-25,367,011-11,419-21,221
1992-25,369,034-12,123-22,27
1993-28,09313,09-13,61-27,574
1994-17,7320,295-11,663-26,361
1995-6,09935,397-10,136-31,36
19964,642,391-9,076-28,715
1997-11,39725,652-8,864-28,185
1998-11,36323,763-6,325-28,801
19992,5742,009-6,636-32,803
200029,26967,036-5,782-31,985
200125,10470,659-7,809-37,746
200219,77857,311-7,224-30,309
200314,64956,413-11,521-30,243
200429,83765,848-11,037-24,974
200525,90262,372-12,055-24,415
200620,4949,606-14,135-14,981
200712,77247,437-18,79-15,876
20085,27644,977-21,564-18,137
2009-45,236-4,738-22,135-18,364
2010-50,864-8,999-22,759-19,107
2011-48,3041,419-24,62-25,102

Les transferts courants sont la plus petite composante du compte courant, mais le déficit associé à ces transferts s’est élargi sensiblement en 2011. Le déficit de 4,0 milliards de dollars a été près de 20 fois supérieur à celui de 2003 et deux fois plus important que celui enregistré en 2007. Les rentrées étaient en baisse de 1,3 milliard de dollars, les transferts officiels expliquant les deux tiers de cette diminution et le reste provient des transferts privés. Les paiements de transfert à des étrangers n’ont pas changé de façon sensible et n’ont donc pas fait de contribution significative à l’augmentation du déficit commercial à ce poste.

Représentant la somme de toutes ces composantes, le déficit du compte courant du Canada a diminué de 2,6 milliards de dollars en 2011 par suite d’une amélioration substantielle de 10,4 milliards de dollars du solde du commerce des biens. Le déficit enregistré pour chacune des autres composantes du compte courant s’est aggravé, bien que cela n’ait pas suffi à anéantir la solide performance enregistrée dans les échanges de biens. Le déficit du commerce des services a augmenté de 1,9 milliard de dollars, celui des revenus de placements, de 4,6 milliards de dollars, et celui des transferts courants, de 1,3 milliard de dollars. Le déficit global s’est donc légèrement amélioré en 2011, passant de 50,9 milliards de dollars à 48,3 milliards de dollars, marquant la troisième année consécutive où le compte courant a été déficitaire au Canada.

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