Le commerce international du Canada: Le point sur le commerce et l'investissement – 2012

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En 2011, la reprise économique mondiale a dû affronter de nombreux défis. Après une forte remontée de la production et du commerce, en 2010, favorisée par la reconstitution des stocks, les mesures de stimulation des gouvernements et une politique monétaire souple, on s’attendait à un ralentissement de la croissance en 2011. Cependant, de nombreux chocs défavorables ont aggravé le ralentissement et assombri les perspectives pour 2012 dans plusieurs régions.

La crise qui sévit dans la zone euro a été le principal facteur d’incertitude dans l’économie mondiale en 2011. Les tensions budgétaires montantes et l’incertitude accrue quant à l’avenir de l’Union monétaire européenne ont provoqué une contraction de la production dans la zone euro au quatrième trimestre. Le foyer de la crise s’est déplacé de l’économie relativement modeste de la Grèce vers des acteurs plus importants sur l’échiquier mondial — l’Espagne et l’Italie. Alors que les marchés remettaient en question la viabilité de leur stratégie budgétaire, les rendements sur les titres souverains ont augmenté et les risques perçus associés à la détention des obligations souveraines de ces pays ont aussi augmenté. Cela a accentué le niveau de risque dans le système financier et mené à un resserrement des conditions de crédit, une baisse de la confiance et un niveau généralement plus élevé d’incertitude dans l’économie mondiale. Alors que plusieurs pays de la zone euro entraient en récession à la fin de 2011, les conséquences de la situation européenne se sont propagées en raison des liens financiers et commerciaux étroits qui existent entre cette région et le reste du monde.

De façon générale, les reprises qui font suite aux crises financières sont plus faibles et durent plus longtemps, et celle-ci ne fait pas exception à la règle. Les gouvernements de la plupart des pays avancés ont délaissé les mesures de stimulation pour s’engager sur la voie de la consolidation budgétaire, tandis que les particuliers et les entreprises aux prises avec des dettes ont poursuivi leur effort de désendettement. En conséquence, la demande privée et l’investissement des entreprises n’ont pas suffisamment rebondi, ce qui s’est traduit par une croissance lente. De nombreux gouvernements sont soumis à des pressions budgétaires et peuvent difficilement se permettre de lutter contre le chômage élevé qui sévit dans la plupart des pays développés.

L’année 2011 a également connu sa part de catastrophes naturelles et d’événements imprévus. Le grave tremblement de terre survenu dans l’Est du Japon a coupé court à la reprise dans ce pays, perturbant les chaînes d’approvisionnement dans le monde et pesant sérieusement sur l’économie mondiale au second trimestre. Les inondations survenues en Thaïlande au quatrième trimestre ont eu un effet similaire, ralentissant la croissance dans la région de l’Asie du Sud-Est. L’agitation civile en Afrique du Nord et la guerre civile en Libye ont perturbé de nombreuses activités économiques dans cette région et accru l’incertitude au sujet des prix pétroliers. Par ailleurs, les craintes d’une récession aux États-Unis ne se sont pas matérialisées et le pays a mieux fait que prévu vers la fin de l’année; cependant, l’impasse politique, qui menace la cote de crédit du pays, s’est prolongée, rendant d’autant plus difficile une gouvernance économique efficace.

Sur l’ensemble de l’année 2011, le PIB mondial a progressé de 3,9 p. 100, ce qui est inférieur au taux de 5,3 p. 100 enregistré en 2010. Le rythme de croissance observé dans les économies avancées a ralenti à 1,6 p. 100 en 2011, après avoir touché 3,2 p. 100 en 2010. En revanche, la croissance dans le monde en développement est demeurée robuste en 2011, avec un gain de 6,2 p. 100, dans la foulée d’une progression de 7,5 p. 100 en 2010.

Parmi les économies développées, les économies nouvellement industrialisées d’Asie ont continué à dominer le palmarès de la croissance réelle, avec une hausse de 4,0 p. 100 en 2011, ce qui est néanmoins bien inférieur à la hausse de 8,5 p. 100 survenue en 2010. L’Allemagne est l’économie qui a crû le plus rapidement, soit à un taux de 3,1 p. 100. Bien que modeste par rapport à la tendance historique, la croissance de 1,7 p. 100 de l’économie américaine a été meilleure que prévue, alors que les dépenses de consommation et l’emploi ont amorcé une remontée. La croissance dans la zone euro a atteint 1,4 p. 100 en 2011, après avoir affiché un taux de 1,9 p. 100 en 2010; une partie de la région a toutefois glissé en récession en fin d’année. La France est la seule grande économie avancée a avoir crû plus rapidement en 2011 (1,7 p. 100) qu’en 2010 (1,4 p. 100). Le Japon, qui avait affiché d’une croissance de 4,4 p. 100 en 2010, est retombé en récession, son PIB réel se contractant de 0,7 p. 100.

Dans le monde en développement, les économies asiatiques ont connu la plus forte croissance. Les économies en développement d’Asie étaient en expansion de 7,8 p. 100 en 2011. La Chine venait en tête avec une progression de 9,2 p. 100, après un taux de croissance de 10,4 p. 100 en 2010. L’Inde a bénéficié d’une croissance de 7,2 p. 100 en 2011, après une expansion de 10,6 p. 100 en 2010. Les pays émergents d’Europe constituent la deuxième région ayant connu la croissance la plus rapide, soit 5,3 p. 100, suivi de l’Afrique subsaharienne, à 5,1 p. 100. L’Afrique du Sud, la plus grande économie de cette région, a vu sa croissance ralentir à 3,1 p. 100 en 2011. Les économies du Commonwealth des États indépendants ont progressé de 4,9 p. 100 en 2011, la Russie enregistrant un taux de croissance de 4,3 p. 100, le même qu’en 2010. La région de l’Amérique latine et des Caraïbes venait ensuite, avec un taux de croissance de 4,5 p. 100. Cependant, l’économie du Brésil n’a progressé que de 2,7 p. 100 en 2011, ce qui est nettement inférieur au taux de 7,5 p. 100 affiché en 2010. La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, affligée par l’agitation populaire et les tensions internes, a enregistré la croissance la plus lente parmi les pays en développement, soit 3,5 p. 100.

Alors que se poursuivait la reprise économique et commerciale dans le monde — bien que de façon inégale —, l’activité économique réelle au Canada a progressé de 2,5 p. 100 en 2011, après un gain de 3,2 p. 100 l’année précédente. En 2011, la croissance a été principalement soutenue par des facteurs intérieurs : une solide demande privée, un système financier stable et une hausse de l’investissement des entreprises; la contraction du PIB réel survenue au deuxième trimestre reflétait principalement une baisse des exportations en réaction aux chocs externes. La croissance a ralenti à nouveau au dernier trimestre en raison de la résurgence de la crise dans la zone euro. Toutes les provinces et deux des trois territoires ont enregistré une croissance économique réelle en 2011. Toutes les grandes catégories de dépenses étaient en avance sur l’année, à l’exception du solde net des échanges commerciaux. L’inflation a progressé à un rythme de 2,9 p. 100 en 2011, ce qui est plus élevé que le taux de 1,8 p. 100 enregistré en 2010, mais lorsqu’on exclut les prix qui fluctuent le plus, le taux d’inflation de base n’a été que de 1,9 p. 100 en 2011. Le dollar canadien a fléchi légèrement par rapport au dollar américain entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2011, quoi que sa valeur moyenne au cours de l’année ait été d’environ 4 points de pourcentage plus élevée qu’en 2010. La situation de l’emploi s’est améliorée dans presque toutes les régions et près de 200 000 nouveaux emplois nets ont été créés durant l’année. Cependant, le taux de chômage ne s’est amélioré que de 0,1 point de pourcentage — passant de 7,6 p. 100 en décembre 2010 à 7,5 p. 100 en décembre 2011; par contre, la moyenne pour l’ensemble de l’année a reculé sensiblement, passant de 8,0 p. 100 en 2010 à 7,5 p. 100 en 2011.

L’expansion du volume des échanges mondiaux s’est poursuivi en 2011, mais à un rythme beaucoup plus lent qu’en 2010, puisque les niveaux d’avant la récession ont déjà été rattrapés. En termes réels, le commerce mondial a progressé de 5,0 p. 100 en 2011. En termes nominaux, les valeurs du commerce étaient en hausse de 20 p. 100 en raison de la montée rapide des prix des ressources. La croissance réelle des exportations des économies développées a été plus forte que prévue, atteignant 4,7 p. 100 en 2011, alors que dans le monde en développement la hausse a été de 5,4 p. 100.

En dollars canadiens, les exportations de biens et services du Canada vers le monde ont progressé de 11,8 p. 100 en 2011. Les biens ont dominé la croissance, avec un taux de 13.0 p. 100, tandis que les services avançaient de 5,0 p. 100. Du côté des importations, les importations de biens et services étaient en hausse de 9,4 p. 100, la croissance des importations de biens atteignant 10,2 p. 100 tandis que celle des importations de services a été de 5,8 p. 100.

Au niveau sectoriel, les exportations étaient en expansion dans six des sept grands secteurs de biens. Les exportations de produits énergétiques ont dominé l’augmentation des exportations totales, suivies de près par les exportations de biens et de matériaux industriels. La hausse des volumes exportés de machines et de matériel a officiellement mis un terme à une contraction qui durait depuis trois ans. Du côté des importations, l’expansion a été dominée par les produits énergétiques, les biens et les matériaux industriels, ainsi que les machines et le matériel.

Tant les exportations que les importations de services ont atteint de nouveau sommets. Les exportations et les importations de services ont connu une expansion rapide en 2011, alors que la vigueur du dollar canadien au cours de l’année a maintenu une conjoncture favorable pour les Canadiens souhaitant prendre des vacances ou visiter des pays étrangers, ce qui a stimulé les importations de services de voyage. La croissance continue des exportations de services commerciaux a reconduit l’excédent enregistré par le Canada à ce poste pour une seconde année.

Les sorties d’investissement direct du Canada ont progressé de 13,8 p. 100 en 2011. Les flux financiers ont principalement pris la destination des États-Unis et de l’UE, au détriment des autres pays de l’OCDE et du reste du monde. Les entrées d’IED au Canada étaient en hausse des deux tiers, ce qui est principalement attribuable à une augmentation des entrées de fond en provenance de l’UE.

Le stock d’investissement direct du Canada à l’étranger a progressé de 7,0 p. 100 (44,6 milliards de dollars, à 684,5 milliards de dollars), principalement en raison des mouvements dans la valeur des monnaies. L’investissement a augmenté dans la plupart des secteurs où l’on retrouve traditionnellement l’investissement canadien à l’étranger — le secteur des finances et des assurances et celui de la fabrication. Le stock d’investissement étranger au Canada a augmenté plus lentement (gain de 22,4 milliards de dollars, à 607,5 milliards de dollars), la plus grande partie de l’augmentation étant survenue dans le secteur manufacturier. En conséquence, le solde net du Canada au chapitre de l’investissement a augmenté pour atteindre 77,0 milliards de dollars en 2011.

Représentant la somme de toutes ces composantes, le déficit du solde du compte courant du Canada a fléchi de 2,6 milliards de dollars en 2011, grâce à une amélioration significative de 10,4 milliards de dollars du solde des échanges de biens. Le déficit enregistré dans chacune des autres composantes du compte courant s’est creusé, mais cela n’a pas suffi à effacer la solide performance enregistrée dans le commerce des biens. Le déficit du commerce des services a augmenté de 1,9 milliard de dollars, celui des revenus de placements, de 4,6 milliards de dollars, et celui des transferts courants, de 1,3 milliard de dollars. Le Canada a donc inscrit un déficit dans son compte courant pour une troisième année d’affilée, mais celui-ci s’est néanmoins redressé, passant de 50,9 milliards de dollars en 2010 à 48,3 milliards de dollars en 2011.

Article spécial : Le commerce international et ses avantages pour le Canada

Pour le Canadien moyen, il serait très difficile d’imaginer un monde sans commerce international. Les échanges commerciaux enrichissent nos vies de si nombreuses façons et par un si grand nombre de canaux directs et indirects qu’il serait pratiquement impossible d’en départager les effets ou de mesurer avec précision les avantages et les commodités qu’il apporte. À mesure que le commerce se libéralise, les producteurs ont accès à des marchés de plus en plus vastes, tandis que de nouveaux produits et une concurrence accrue font leur entrée sur les marchés intérieurs. La répartition des ressources qui en résulte, vers les entreprises les plus efficientes, contribue à hausser le bienêtre économique de la société.

Certains des avantages que procurent les exportations aux Canadiens sont faciles à observer. Au niveau le plus élémentaire, elles nous permettent de vendre nos biens et services et de les échanger pour des biens et services étrangers. Elles aident aussi à soutenir l’emploi au Canada, directement dans les secteurs qui produisent les biens et les services et, indirectement, dans les activités de soutien des producteurs d’exportations canadiennes. En fait, un emploi sur cinq au Canada dépend directement ou indirectement de l’exportation.

Cependant, les exportations procurent aussi d’autres avantages qui ne sont pas immédiatement évidents. À titre d’exemple, les exportations engendrent un niveau de production plus élevé que celui qui est requis pour desservir le marché intérieur, permettant aux producteurs de profiter d’économies d’échelle et d’abaisser leurs coûts de production moyens, ce qui se traduit par des prix moins élevés pour les acheteurs. La concurrence sur les marchés d’exportation signifie aussi que les exportateurs sont à la recherche d’éléments d’efficience et doivent se montrer innovateurs dans tous les secteurs de leur entreprise. Plutôt que de tenter de fabriquer une multitude de produits, les entreprises ont tendance à se spécialiser et à se concentrer sur les produits ou les services pour lesquels elles possèdent un avantage, ce qui favorise la répartition internationale du travail et accroît le bien-être économique. Cela hausse aussi la productivité de l’entreprise et contribue à augmenter la prospérité de la nation. La productivité permet en outre aux entreprises de verser des salaires plus élevés. Les entreprises qui sont en mesure de relever les défis que présente le marché d’exportation voient leur volume de production augmenter et prennent de l’expansion. Au lendemain de la conclusion de l’ALE entre le Canada et les États-Unis, presque tous les secteurs manufacturiers au Canada se sont engagés dans une forme ou une autre de spécialisation, par exemple en réduisant leur gamme de produits ou en passant d’un modèle de production à plusieurs usines à un modèle axé sur une seule usine de grande taille. Les éléments d’efficience ainsi récoltés ont accru la productivité manufacturière du Canada de 13,8 p. 100 — un résultat remarquable dans le contexte commercial. De plus, les entreprises exportatrices versent à leurs employés une prime salariale qui ne peut être expliquée, même en tenant compte des différences qui existent avec les entreprises non exportatrices.

Le Canada est une économie de petite taille et il ne produit qu’une fraction des biens et services qu’il consomme; il doit donc importer le reste. Dans un monde où serait absent le commerce international, il ne serait pas réaliste de penser qu’un pays de la taille du Canada pourrait faire les investissements requis pour produire toute la gamme des produits et services dont il profite à l’heure actuelle. En d’autres termes, notre accès à une grande variété de machines, d’ordinateurs et de technologies de communications, ainsi qu’à des services de voyage et de divertissement, pour ne nommer que ceux-là, est le reflet de notre capacité de vendre sur les marchés internationaux des biens et services produits au Canada. L’ouverture au commerce permet d’augmenter la variété des produits mis à la disposition des Canadiens et de lancer de nouveaux produits canadiens sur les marchés extérieurs. Cela s’accompagne de nouveaux débouchés commerciaux et de nouvelles variétés, sur les marchés canadiens et étrangers. La libéralisation du commerce a aussi un impact sur les décisions des entreprises en matière de prix, en abaissant les marges bénéficiaires, ce qui contribue à réduire l’inflation au pays tout en laissant plus d’argent dans les poches des consommateurs canadiens.

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