Philippines
Plan d’accès au marché 2015-2017

CapitalePopulationSuperficie totaleMonnaie
Manille97,484 millions300 439 km²PESO

Importance des Philippines

Les Philippines représentent :

  • un marché émergent désigné comme prioritaire dans le Plan d’action sur les marchés mondiaux du Canada;
  • un marché qui connaît une forte croissance économique – 6,1 p. 100 en 2014, un résultat légèrement inférieur à la progression de 7,2 p. 100 du PIB enregistrée en 2013;
  • un marché attrayant pour les exportateurs canadiens, étant donné que cette économie dynamique comptant près de 100 millions d’habitants affiche une croissance parmi les plus rapides dans la région;
  • une porte d’entrée pour les entreprises canadiennes en Asie du Sud-Est par l’entremise de l’ANASE.

Le Canada jouit d’une excellente réputation aux Philippines, où les produits et services canadiens sont reconnus pour leur qualité.

Outre sa croissance supérieure à la moyenne enregistrée dans la région de l’ANASE en 2014, les Philippines présentent d’autres grands avantages sur le plan économique, comme des finances publiques en cours d’assainissement et un taux d’inflation contenu dans la fourchette cible de l’inflation (de 3,5 à 5,5 p. 100) de la banque centrale.

De l’avis général, le président Benigno Aquino III a contribué dans une large mesure à placer le pays sur la bonne voie en vue de réduire la corruption endémique et d’améliorer la gouvernance. La réforme de la gestion des finances publiques et des dépenses et l’adoption de nouvelles lois et mesures fiscales (p. ex., la taxe à la consommation visant l’alcool et le tabac) devraient générer les recettes dont a grandement besoin le gouvernement et lui conférer une plus grande marge de manœuvre budgétaire pour fournir des services de qualité à la population.

Étant donné que la prochaine élection présidentielle se tiendra en 2016, la pérennité des réformes économiques et de la gouvernance entreprises sous la direction du président Aquino sera un enjeu à surveiller à l’approche des élections et par la suite. Les représentants du gouvernement concèdent notamment que la croissance impressionnante n’a pas entraîné jusqu’à maintenant une augmentation de l’emploi, ni la réduction des inégalités.

Le Canada entretient des liens bilatéraux solides et amicaux avec les Philippines, qui se caractérisent par une étroite collaboration dans divers domaines comme la promotion du développement démocratique, de la bonne gouvernance, de la primauté du droit, de la paix ainsi que de la protection des droits de la personne. Le Canada travaille de près avec les Philippines pour établir des partenariats, accroître la formation de façon à favoriser l’avancement des réformes dans le secteur de la sécurité et soutenir le processus de paix dans le sud du pays. Les deux pays collaborent aussi au sein d’instances multilatérales telles que l’APEC, l’OMC, le Forum régional de l’ANASE, le Partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes et le Partenariat pour un gouvernement transparent.

Contexte économique aux Philippines

En 2014, le PIB des Philippines a progressé de 6,1 p. 100, stimulé par la consommation et l’investissement. La croissance a été alimentée par les investissements considérables du gouvernement dans l’infrastructure, par le dynamisme du secteur des services et par les substantiels transferts de fonds des 9 millions de Philippins travaillant à l’étranger (un élément important du PIB national). Pour les Philippines, les envois d’argent de la diaspora à l’étranger constituent un important tampon contre les chocs externes et une source stable de fonds pour alimenter la consommation et la croissance. Selon la Banque mondiale, le total des fonds transférés aux Philippines a crû de 8,5 p. 100 en 2013, pour atteindre 26,7 milliards de dollars américains, ce qui représente 9,8 p. 100 du PIB du pays. Toutefois, selon la banque centrale des Philippines, les transferts de fonds se seraient plutôt montés à 23 milliards de dollars américains en 2013 et à 24,3 milliards de dollars américains en 2014, ce qui correspond à 8,5 p. 100 du PIB les deux années. Les autorités philippines ont estimé les envois de fonds en provenance des Philippins au Canada à près de 651 millions de dollars américains en 2014. Par conséquent, les Philippines se sont vu attribuer des cotes élevées de solvabilité par les trois grandes agences de notation : BBB (Standard and Poor’s); BBB- (Fitch); Baa3 (Moody’s). La richesse n’est cependant pas partagée également au sein de la population, et les disparités de revenus figurent parmi les plus extrêmes en Asie.

Les Philippines en chiffres (2014)
PIB314,7 milliards $
PIB par habitant3 165 $
Croissance du PIB6,1 %
Inflation4,2 %
Taux de chômage6,8 %
Exportations canadiennes de marchandises569 millions $
Importations canadiennes de marchandises1,2 million $
Exportations canadiennes de services246 millions $ (2013)
Importations canadiennes de services335 millions $ (2013)
Investissement direct des Philippines au Canadaconfidentiel
Investissement direct du Canada aux Philippinesconfidentiel
Croissance potentielle des exportations
à long terme
3,3 %

Intérêt commercial des Philippines pour le Canada

Aperçu

En 2014, la valeur du commerce bilatéral de marchandises entre le Canada et les Philippines se chiffrait à 1,8 milliard de dollars, soit une hausse de 3,9 p. 100 par rapport à 2013. Le Canada a exporté pour 569,5 millions de dollars (une baisse de 5,5 p. 100) de marchandises vers les Philippines, principalement des minerais, du bois et des ouvrages en bois, de la viande et des engrais. Les importations de marchandises du Canada en provenance des Philippines ont été estimées à environ 1,2 milliard de dollars (progression de 9,0 p. 100) et se sont essentiellement composées de machinerie (y compris les machines électriques), de caoutchouc, d’instruments scientifiques et de précision, d’articles de fer et d’acier ainsi que de vêtements.

Pour ce qui est des activités commerciales canadiennes aux Philippines, on trouve une présence de longue date d’entreprises dans le secteur de l’assurance et une présence limitée de l’industrie extractive. De nouvelles activités commerciales portent sur le secteur des services liés à l’environnement.

Un nombre grandissant d’occasions d’affaires se présentent aux Philippines dans différents secteurs, notamment l’agroalimentaire, la défense et la sécurité, les technologies de l’information et des communications, l’infrastructure et l’éducation.

Facteurs à prendre en considération avant d’exporter

Même si les Philippines peuvent compter sur une économie vigoureuse, de solides assises démocratiques et une population en croissance, il demeure difficile pour ce pays de mettre en place un climat propice aux affaires et un cadre de gouvernance permettant de tirer pleinement parti de ces avantages et d’offrir des possibilités égales à l’ensemble de la population.

Le marché philippin se distingue par des atouts tels qu’une inflation contenue, une amélioration des finances publiques et un important avantage démographique dans une région à forte croissance. Il est recommandé de trouver un partenaire local, car la pénétration du marché philippin présente certains défis pour les entreprises étrangères. Cette situation est en partie attribuable au fait qu’un petit nombre de grands conglomérats familiaux dominent des secteurs clés, ce qui crée dans certains cas d’importants obstacles à l’accès au marché.

Le pays s’est mieux classé dans de récents indices internationaux liés à la gouvernance. Dans l’Indice de perception de la corruption (IPC) établi par Transparency international en 2014, les Philippines arrivent au 85e rang, avec le Sri Lanka, la Thaïlande, Trinité-et-Tobago et la Zambie, parmi 175 pays et territoires.

À titre de membre de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), les Philippines sont signataires de l’Accord de libre-échange (ALE) de l’ANASE. Un grand nombre des ALE dont bénéficie le pays découlent aussi de son appartenance à cette association, tels que l’ALE ANASE-Australie-Nouvelle-Zélande, l’ALE ANASE-Chine, l’ALE ANASE-Inde, l’Accord de partenariat économique ANASE-Japon et l’ALE ANASE-Corée. L’Accord de partenariat économique Japon-Philippines représente le seul ALE conclu à l’extérieur du cadre de l’ANASE.

Secteurs clés

Agriculture et aliments transformés

L’économie des Philippines, alimentée principalement par les envois de fonds provenant de l’étranger, est axée sur la consommation, et une importante proportion de la demande intérieure porte sur des biens consomptibles. La forte demande de viande, de blé et d’aliments transformés (produits finaux et biens intermédiaires) devrait se maintenir, sous l’effet de l’expansion de la classe moyenne, dont le revenu disponible augmente. Des débouchés existent aussi dans l’industrie de l’alimentation animale, qui est largement tributaire de l’importation d’ingrédients entrant dans la composition des aliments pour animaux.

Les grandes entreprises et les entreprises de taille moyenne font généralement appel à des petits exploitants et fermiers pour élever le bétail et gérer les couvoirs. Les usines d’aliments pour animaux nécessitent souvent une aide technique pour emballer leurs produits et instituent des programmes de rachat pour les fermiers.

L’industrie de la minoterie est bien établie. L’une des deux associations nationales de minotiers – la Philippine Association of Flour Millers (PAFMIL) – continue de préconiser une diminution des obstacles au commerce. La majeure partie du blé provient des États-Unis, du Canada ou de l’Australie. Contrairement aux pays voisins dans la région, la moitié de la farine produite aux Philippines sert à fabriquer du pain, tandis que le reste entre dans la composition de nouilles, de gâteaux et de pâtisseries. Dans le segment de la fabrication du pain, les boulangeries de quartier représentent les plus grands utilisateurs finaux.

Le ministère philippin de l’Agriculture a aussi alloué du financement au développement d’autres domaines de l’industrie agricole, comme l’apiculture et l’élevage de petits ruminants et de bovins laitiers.

Comme l’élevage de bétail destiné à la production de viande au pays n’est pas encore très développé, des débouchés existent pour le bœuf canadien, particulièrement à la faveur du taux de droits peu élevé de 12 p. 100 qui s’applique aux importations de bœuf. En 2014, les exportations canadiennes de porc vers les Philippines ont été estimées à 48 millions de dollars, ce qui représente pour le Canada le neuvième marché en importance pour l’exportation du porc. Les producteurs de viande locaux, notamment les producteurs de volaille et de porc, ont récemment exercé des pressions sur le gouvernement afin qu’il impose des obstacles au commerce sous la forme de règles portant sur la manipulation et l’entreposage de la viande. Les autorités examinent actuellement une proposition visant à interdire l’admission de produits de viande importés dont la durée de conservation est inférieure à six mois. Un décret prévoit également l’interdiction de vendre, dans les marchés traditionnels de produits frais, de la viande importée conservée à la température ambiante.

Aérospatiale, défense et sécurité

L’aérospatiale, tant civile que militaire, présente des débouchés pour les fournisseurs canadiens, et le secteur général de la défense offre un potentiel supplémentaire. Les Philippines constituent le seul pays de l’Asie du Sud-Est qui bénéficie de liaisons directes avec le Canada. Le transport aérien est de plus en plus important pour desservir cette nation insulaire, où le tourisme continue de croître à un bon rythme. La concurrence au sein du secteur privé devrait stimuler la demande de matériel et de services dans le domaine aérospatial.

Au chapitre de la défense, en vertu d’une loi promulguée en 2012, une enveloppe d’un montant équivalent à 1,9 milliard de dollars canadiens a été prévue pour moderniser les installations des Forces armées des Philippines. Un certain nombre d’entreprises canadiennes cherchent à saisir des occasions d’affaires offertes par ce programme, avec l’appui de la Corporation commerciale canadienne (CCC), dans le cadre d’un protocole d’entente conclu en 2012 par celle-ci avec le ministère philippin de la Défense nationale concernant les transactions de gouvernement à gouvernement portant sur l’équipement, le matériel, les systèmes ou les services de défense ou de nature militaire. Ce protocole d’entente permet aux Philippines de se procurer directement au Canada de l’équipement, des systèmes ou des services de défense ou de nature militaire au moyen de contrats à fournisseur unique conclus par l’intermédiaire de la CCC. Ce protocole d’entente a débouché, en mars 2014, sur la première transaction de gouvernement à gouvernement entre le Canada et les Philippines, en vue de la livraison de huit hélicoptères Bell 412EP aux termes d’un contrat évalué à 120 millions de dollars canadiens. D’autres opportunités pourraient s’offrir à l’industrie canadienne dans tous les volets opérationnels des Forces armées des Philippines. L’accent sera mis sur les débouchés qui pourraient notamment exister dans le secteur de la sécurité pour des technologies destinées à des créneaux spécialisés comme la surveillance maritime et les systèmes intégrés d’identification balistique. Plusieurs obstacles peuvent cependant se poser à l’industrie canadienne, comme la complexité des procédures d’approvisionnement, les changements continuels apportés aux calendriers des appels d’offres et des projets et les coûts associés à la mise en marché de nouveaux produits.

Éducation

Le nombre d’étudiants philippins allant étudier à l’étranger a fait un bond marqué au cours des dernières années, à la faveur de la croissance rapide de l’économie du pays, de la forte migration, de la jeunesse de la population et du renforcement du segment des agents en éducation. On prévoit que ce nombre augmentera encore en 2016, alors que le pays adoptera un système d’éducation allant de la maternelle à la 12e année (au lieu de la 10e année), qui correspondra davantage au système d’enseignement canadien. La transition vers ce nouveau système se fait graduellement, et certains établissements d’enseignement privés ont déjà été autorisés par le département de l’Éducation à mettre en application leur version du curriculum national qui s’appliquera de la maternelle à la 12e année. Selon le département de l’Éducation des Philippines, près de 8 000 établissements d’enseignement de base accueillent 20,7 millions d’étudiants de la maternelle à la 12e année.

À titre de pôle régional de l’enseignement de l’anglais langue seconde, les Philippines comptent quelque 40 000 étudiants internationaux susceptibles de vouloir faire des études postsecondaires dans un pays anglophone. Le Canada présente de plus en plus d’attrait pour les Philippins, devant le resserrement des règles en matière de visas au Royaume-Uni et aux États-Unis. L’attrait du Canada découle également des différents cheminements qui sont offerts aux étudiants en vue d’obtenir le statut de résident permanent. Les programmes les plus populaires comprennent l’administration des affaires et la gestion, les sciences de la santé, les sciences sociales et les arts. Les flux d’étudiants au Canada en provenance des Philippines ont doublé depuis deux ans.

Il existe aussi des possibilités pour les établissements d’enseignement supérieur canadiens d’établir des partenariats avec leurs équivalents aux Philippines, dans le cadre de la stratégie d’internationalisation de la Commission de l’enseignement supérieur (Commission on Higher Education – CHED). Cette Commission a pour objectif de relever le niveau et la qualité de l’éducation aux Philippines en venant accroître les possibilités d’expérience internationale pour les étudiants, assurer le perfectionnement du corps professoral, améliorer les installations et élargir l’accès aux projets de recherche. La CHED et le Bureau canadien de l’éducation internationale (BCEI) ont récemment signé une entente de collaboration touchant l’éducation internationale.

Technologies de l’information et des communications (TIC)

La consolidation dans le secteur des télécommunications, conjuguée à la croissance continue de la demande de services de téléphonie mobile, stimule les investissements des fournisseurs de services de télécommunications, ce qui ouvre des possibilités d’approvisionnement direct ou indirect. De nombreuses entreprises de TIC du Canada cherchent activement à profiter des occasions d’affaires offertes par les deux grandes sociétés de télécommunication philippines, PLDT et Globe. Certaines entreprises canadiennes ont déjà décroché des contrats et s’emploient à étendre leur présence locale. On observe aux Philippines l’apparition d’une demande dans de nouveaux domaines, tels que la publicité et les fonctions de paiement pour les appareils mobiles, les solutions de commerce électronique, les applis d’entreprise, la mobilisation des clients (rétroaction sur leur expérience) et les réseaux virtuels.

Le manque de représentation locale et la présence de longue date de plusieurs concurrents internationaux constituent les plus grands défis que doivent relever les entreprises canadiennes. La présence sur place est un facteur clé entrant dans la prise de décision des sociétés de télécommunications locales pour déterminer les vendeurs qu’elles choisiront.

De nouvelles possibilités se dessinent aussi en vue de répondre à la demande de grandes sociétés de télécommunications concernant l’analyse de données massives et l’amélioration de l’expérience des clients.

Infrastructure

Les sous-secteurs les plus prometteurs dans le secteur des infrastructures comprennent le bâtiment écologique, les aéroports, les ports maritimes et d’autres infrastructures de transport – le plus souvent dans le cadre de partenariats public-privé (PPP). Ces domaines représentent une source de revenus prévisible.

Les perspectives demeurent très favorables pour les entreprises canadiennes dans ce secteur, étant donné que le boom de l’infrastructure, alimenté par les projets en PPP, devrait se poursuivre jusqu’en 2016. L’énergie, l’eau et les eaux usées ainsi que les transports représentent les sous-secteurs les plus importants. De plus, des projets en PPP en cours stimuleront la croissance économique en faisant contribuer le secteur privé au développement des infrastructures. Ces projets en PPP bénéficient d’une assistance technique d’institutions financières internationales (IFI) de renom comme la Banque asiatique de développement et la Banque mondiale, de sociétés privées (conglomérats locaux) ainsi que de sociétés de capital de risque et de fonds de développement venant du monde entier. Le Centre des PPP des Philippines fait appel à des services de conseil au Canada. Le Centre sollicite aussi les prises de participation dans de nouveaux projets réalisés en PPP par des fonds de pension et d’autres investisseurs institutionnels au Canada, aux États-Unis et en Europe.

Le cadre régissant les PPP aux Philippines est considéré parmi les meilleurs en Asie, et le regain d’intérêt que suscitent les projets lancés par le gouvernement philippin présente des possibilités pour les entreprises canadiennes.

Exploitation minière

Selon l’Institut Fraser du Canada, les Philippines figurent parmi les 10 pays les plus attirants pour la mise en valeur des minéraux, sur la base du potentiel géologique, mais se classent cependant au troisième rang des pays dans le monde offrant les pires conditions pour l’investissement dans le secteur minier. Les Philippines possèdent des réserves de minerai exploitables évaluées à 1,4 billion de dollars sur une superficie de 9 millions d’hectares, dont à peine 932 000 hectares sont visés par des permis d’exploration. Après avoir été aux prises avec des difficultés au cours des années 1990, l’industrie minière philippine a amorcé une renaissance depuis une décision rendue par la Cour suprême en 2004, qui a permis l’accès des sociétés minières étrangères. Toutefois, l’incertitude règne au sujet de l’expansion future de l’industrie devant les mesures contradictoires prises par les pouvoirs publics, le récent moratoire imposé sur l’approbation de nouveaux projets de production, la désignation de zones « interdites » et le projet de loi envisagé pour renforcer le régime fiscal.

À l’heure actuelle, trois mines aux Philippines sont exploitées par des sociétés canadiennes. Toutefois, de nouvelles opportunités pourraient découler de la création éventuelle de la nouvelle région du Bangsamoro, qui sera dotée de son propre gouvernement, dans le sud des Philippines, à la suite du récent accord de paix conclu avec les forces de la guérilla de confession musulmane dans la région. Le Bangsamoro disposera d’une grande autonomie par rapport au gouvernement central, et la région pourra tirer parti d’une formule novatrice de partage des revenus, selon laquelle elle conservera 70 p. 100 des recettes tirées de l’exploitation minière et versera le reste au gouvernement national. Par conséquent, l’exploitation minière pourrait devenir une activité économique centrale dans cette région au riche profil géologique.

Le gouvernement des Philippines est en train de réviser ses lois sur l’exploitation minière en vue de mettre en place un nouveau régime fiscal pour les projets miniers, ce qui renforcera la réputation des Philippines comme l’un des pays les moins accueillants pour les investissements dans ce secteur. Le conseil de coordination de l’industrie minière (Mining Industry Coordinating Council – MICC), une instance réunissant diverses institutions créée par le décret no 79 du président Aquino, envisage de modifier le régime de partage des revenus afin d’assurer la perception de recettes fiscales élevées par le gouvernement même si les sociétés minières subissent une perte de revenus. Les versements seraient calculés sur la base d’un certain pourcentage du revenu brut ou du revenu net, le montant le plus élevé étant retenu. Le gouvernement obtiendrait aussi une part de tout gain imprévu découlant d’une hausse du cours des produits de base. La proposition du MICC doit cependant être étudiée et approuvée par le Congrès.

Technologies durables

Les Philippines souffrent d’une pénurie chronique d’énergie, qui a été exacerbée par la forte croissance économique des dernières années. Dans ce marché, les petites et mini-centrales hydroélectriques et les projets d’énergie solaire et éolienne présentent les meilleures possibilités pour les capacités canadiennes. Le coût élevé de l’énergie rend d’autant plus intéressante l’hydroélectricité. L’eau et les eaux usées (y compris les services d’approvisionnement en eau, d’ingénierie et de consultation; le traitement des eaux usées, le recyclage et la réutilisation) représentent également un sous-secteur hautement prometteur dans ce marché.

Les Philippines ont adopté en 2008 une loi sur l’énergie renouvelable dans le but d’accélérer le développement de ces sources d’énergie, y compris l’énergie tirée de la biomasse, l’hydroélectricité ainsi que l’énergie solaire, éolienne, géothermique et marine. La loi prévoit des normes en matière d’offre d’énergie renouvelable, des tarifs de rachat garanti, des dispositions sur l’alimentation prioritaire et des incitatifs fiscaux. Étant donné que le coût de l’énergie aux Philippines figure parmi les plus élevés en Asie, les débouchés continuent de croître dans le domaine des technologies propres, particulièrement en ce qui concerne l’efficacité énergétique, les réseaux électriques autonomes, l’énergie renouvelable et la valorisation énergétique des déchets. La création de zones économiques spéciales, avant tout par l’intermédiaire de la Philippine Economic Zone Authority (PEZA – administration des zones économiques des Philippines), a fait augmenter, dans certaines zones, le nombre d’entreprises qui appartiennent à des intérêts étrangers, qu’il s’agisse de fabricants dont les produits sont destinés à l’exportation ou d’exportateurs de services liés aux TIC. Un certain nombre d’investissements canadiens ont déjà été réalisés dans le marché, mais il existe encore des possibilités d’expansion dans ce secteur.

Les entreprises actives dans le domaine des technologies durables doivent composer avec le gouvernement national ou les administrations locales. Elles doivent s’attendre à de longs délais de traitement avant d’obtenir la documentation et les approbations requises et, parfois, faire face à des lois et à des règlements mal définis.

Accords commerciaux

Discussions exploratoires visant la négociation d’un accord de libre-échange entre le Canada et les Philippines

Le 8 mai 2015, le premier ministre Harper et le président Aquino III ont entamé des discussions exploratoires sur un éventuel accord de libre-échange entre le Canada et les Philippines, au cours d’une visite historique du président au Canada. La conclusion d’un tel accord entre le Canada et les Philippines renforcerait nos liens bilatéraux, améliorerait l’accès au marché pour les produits et services de calibre mondial du Canada, de manière à profiter d’un des marchés en croissance les plus dynamiques, à éliminer les obstacles tarifaires et non tarifaires et à dynamiser la croissance économique du Canada et des Philippines.

Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers Canada-Philippines (APIE)

L’APIE Canada-Philippines est entré en vigueur en 1996. Le 8 mai 2015, le premier ministre Harper et le président Aquino III ont annoncé le lancement de discussions en vue de moderniser l’APIE, au cours d’une visite historique du président au Canada. L’APIE est un accord bilatéral visant à protéger et à promouvoir l’investissement étranger en établissant les droits et obligations ayant force de loi pour les signataires et leurs investisseurs.

Accord concernant le transport aérien Canada-Philippines

Les négociations sur des améliorations à l’Accord conclu entre le Canada et les Philippines concernant le transport aérien en 2008 ont été achevées avec succès en mai 2014. Les accords sur le transport aérien servent à faciliter le trafic passager et tout-cargo, de façon à avoir des effets bénéfiques sur le commerce, l’investissement, le tourisme et les liens interpersonnels.

Accord sur les technologies de l’information de l’OMC

Les Philippines ont adhéré à l’Accord en 1997.

Convention sur la double imposition entre le Canada et les Philippines

Le Canada et les Philippines ont établi une Convention sur la double imposition en 1976. Le principal objectif des conventions fiscales est de lutter contre l’évasion fiscale internationale en permettant des échanges efficaces de renseignements fiscaux. En réduisant les obstacles fiscaux, les conventions fiscales soutiennent et favorisent le commerce et l’investissement à l’échelle internationale.

Accord de coopération nucléaire (ACN)

L’ACN entre le Canada et les Philippines est entré en vigueur le 14 avril 1983. L’ACN garantit, au même titre qu’un traité international, que les matières, l’équipement et la technologie nucléaires provenant du Canada seront utilisés uniquement à des fins civiles et pacifiques. Il donne à l’industrie nucléaire canadienne accès au marché nucléaire des Philippines et pourrait faciliter l’examen des possibilités de coentreprises ou de projets conjoints de recherche-développement.

Perspectives de développement aux Philippines

Depuis 1986, le Canada a versé une aide publique au développement de plus de 800 millions de dollars aux Philippines, principalement pour favoriser la décentralisation, la gouvernance locale et le renforcement du secteur privé philippin. L’aide publique au développement versée par le Canada au moyen des divers mécanismes existants s’est chiffrée à 21 millions de dollars en 2011-2012 et à 20,73 millions de dollars en 2012-2013. En 2014, le gouvernement du Canada a désigné les Philippines comme un pays ciblé pour l’aide au développement international. Le programme de développement international du Canada vient soutenir le plan de développement 2011-2016 des Philippines, qui vise à instaurer une croissance économique durable par l’amélioration du cadre d’investissement et l’accroissement des possibilités économiques pour les personnes à faible revenu. Le Canada a aussi joué un rôle de premier plan dans les efforts pour venir en aide aux Philippins dans le sillage de catastrophes naturelles, comme des typhons, en procurant une aide humanitaire considérable. Par exemple, à la suite du typhon Haiyan (connu localement sous le nom de Yolanda), qui a frappé les Philippines le 13 novembre 2013, le gouvernement du Canada a créé le Fonds de contrepartie pour le typhon Haiyan, qui a doublé les 85 millions de dollars versés par les Canadiens, et s’est engagé à verser 90 millions de dollars pour contrer les répercussions du typhon.

L’actuel programme de développement vise à instaurer des conditions plus favorables pour les entreprises par la résolution de certaines grandes difficultés qui limitent l’investissement et la compétitivité. Parmi les initiatives, citons l’appui au Centre des PPP, qui a fait passer le nombre de projets en PPP à l’étude dans le domaine de l’infrastructure de 11 en 2010 à 57 en 2014. Le programme de développement du Canada procure également un soutien au gouvernement philippin pour l’aider à simplifier et à automatiser les procédures d’inscription des entreprises.

Dans l’industrie agroalimentaire, le programme de développement du Canada appuie le gouvernement des Philippines et le secteur privé dans le but d’accroître l’investissement, la productivité et la compétitivité en venant éliminer d’importants obstacles dans ce secteur (infrastructure, révision des lois et règlements visant le transport maritime intérieur et le financement). En collaboration avec la Commission de la condition féminine et le département du Commerce et de l’Industrie des Philippines, le Canada a favorisé la croissance de microentreprises appartenant à des femmes en renforçant leur compétitivité et leur accès aux marchés.

Dans le secteur de l’exploitation minière, le Canada a aidé le gouvernement des Philippines à produire deux études sur lesquelles se fondera le premier rapport que préparera ce pays dans le cadre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (rapport ITIE), soit une étude sur le cadre juridique national et une étude établissant la portée des flux de revenus locaux.

Sélection d’initiatives commerciales prochaines

  • Éducation
    • Salons de l’éducation (octobre 2015), Manille, Cebu et Davao
    • Séances d’information sur les études au Canada (septembre/octobre 2015, date à confirmer), Manille et Cebu
    • Salon de l’éducation au Canada 2016 (du 22 au 24 janvier 2016), Manille et Cebu
  • Exploitation minière
    • Expo-conférence Mining Philippines, septembre 2015, Manille
    • Phil Mine Safety and Environment Conference, novembre 2015, Baguio
  • Défense et sécurité
    • Mission commerciale au Canada (salon CANSEC) de responsables des Forces armées et du département de la Défense des Philippines, mai 2015
  • Agriculture et aliments transformés
    • International Food Expo (IFEX), mai 2015, Manille
  • Infrastructure
    • Congrès 2015 du Conseil canadien pour les partenariats public-privé, Toronto (Canada)
  • Technologies durables
    • Mission d’acheteurs internationaux, du 2 au 4 mars 2016, Vancouver (Colombie-Britannique)
    • Asia Clean Energy Forum (forum sur l’énergie propre en Asie), juin 2015, Manille
  • TIC
    • Mission de l’industrie ontarienne des TIC aux Philippines, mai 2015, Manille

Services de soutien

  • Service des délégués commerciaux aux Philippines : Le Service des délégués commerciaux fournit des renseignements sur les marchés internationaux, facilite l’accès à des réseaux clés, prodigue des conseils sur la réduction des coûts et des risques, aide à la résolution de problèmes et apporte un soutien sur le terrain.
  • Ambassade du Canada aux Philippines : Les bureaux du gouvernement du Canada à l’étranger offrent un éventail de services, notamment des services consulaires.
  • Exportation et développement Canada (EDC) : EDC compte des représentants en poste à Singapour. Les services d’EDC comprennent les renseignements sur les marchés, l’assurance crédit, les garanties bancaires, le financement des acheteurs étrangers, l’assurance risques politiques, l’investissement étranger et le soutien aux filiales étrangères.
  • Corporation commerciale canadienne (CCC) : La CCC offre des services de passation de contrats de gouvernement à gouvernement.
  • Ministère de la Défense nationale (MDN) : Le MDN a un attaché militaire en poste à Jakarta.
  • Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) : Des représentants d’AAC sont en poste à la mission de Singapour.
  • Associations de gens d’affaires
    • Chambre de commerce du Canada aux Philippines (CanCham) (anglais seulement) : La CanCham a pour mission de représenter, de soutenir et de promouvoir les échanges commerciaux entre le Canada et les Philippines. Les entreprises et les particuliers du Canada, des Philippines ou de pays tiers qui ont des intérêts dans les échanges commerciaux Canada-Philippines peuvent faire partie de cette chambre de commerce. La CanCham compte parmi ses membres de grandes sociétés multinationales, des petites et moyennes entreprises et des personnes qui exercent des activités commerciales dans un vaste éventail de domaines, dont le commerce international, l’investissement et la mobilité de la main-d’œuvre. La CanCham peut fournir du soutien aux membres dans le contexte de leurs intérêts commerciaux liés aux échanges entre le Canada et les Philippines.
    • Conseil commercial Canada-ANASE (CCCA) (anglais seulement) : Le CCCA est un conseil dirigé par le secteur privé, qui a pour premier objectif de soutenir le commerce bilatéral avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE). Il offre à ses membres un accès à des ressources éducatives, du soutien en matière de promotion des intérêts et la possibilité de participer à des activités de réseautage dans toute l’Asie du Sud-Est.