Le Canada aide des collectivités du nord du Ghana à avoir un meilleur accès à l’eau et ainsi à accroître leurs sources de revenus

Avoir une source fiable d'eau aide les familles locales à avoir de l'eau potable tout au long de l'année. Cette eau est également nécessaire à l’activité économique.

L’eau potable est à la base de la santé et de la subsistance. Une jeune femme va chercher de l’eau à une prise d’eau communautaire pour ses activités ménagères.

Ce réservoir aérien, situé à Tatale, stocke l’eau pompée des puits destinée à la population.

Chaque année, de mars à novembre, c’est la saison des pluies dans le nord du Ghana. Toutefois, lorsque la pluie tarde à tomber, les paysans et les éleveurs de la région voient leurs sources de revenus gravement menacées.

Les habitants de Gbungbaliga, une petite localité du nord-est du Ghana, comptent depuis toujours sur la saison des pluies pour répondre à tous leurs besoins en eau, tant à la maison qu’au travail. Le début tardif de la saison des pluies peut avoir des conséquences dévastatrices pour cette collectivité. Cependant, grâce au soutien du Canada, la situation s’améliore. Désormais, lorsque la pluie se fait attendre, sept nouvelles prises d’eau permettent à la collectivité de bénéficier d’un approvisionnement en eau, destinée à la consommation humaine ou à d’autres usages.

Diplômée d’une école polytechnique et titulaire d’un diplôme en études commerciales, Iddrisu Fusiena vit du salaire que lui rapporte chaque mois son poste de gestionnaire des systèmes du projet d’approvisionnement en eau dans les petites localités de Gbungbaliga. Mme Fusiena explique qu’elle et ses deux collègues arrivent à gérer l’installation en demandant 10 pesewas (environ 3 cents canadiens) par galawa d’eau. « L’argent ainsi recueilli sert à acheter des pièces pour réparer les pompes et à payer nos salaires », dit-elle.

Le projet d’approvisionnement en eau a certes fourni l’accès à de l’eau potable, mais il a aussi permis d’accroître le revenu des habitants. Âgée de 65 ans, Fati Adam subvient aux besoins de ses 3 enfants et de ses 6 petits-enfants grâce au revenu que lui procure son entreprise de pâte de noix broyées. Semblable au beurre d’arachides, cette pâte est un ingrédient commun dans la cuisine ghanéenne, et il faut de l’eau pour la préparer. Vendue au marché, la pâte rapporte assez d’argent à Mme Adam pour lui permettre de faire vivre les siens. « Ma famille utilise environ 20 galawas d’eau par jour pour la fabrication de la pâte et les tâches ménagères. Le prix demandé pour l’eau est abordable et celle-ci est de meilleure qualité que celle qui provient du barrage », affirme-t-elle. En outre, elle trouve que les prises d’eau sont pratiques, car le barrage où elle s’approvisionnait en eau auparavant se trouve à environ 2 km de la localité.

Le système d’approvisionnement en eau fonctionne bien, mais la distribution irrégulière de l’électricité provenant du réseau national a une incidence sur la fréquence de pompage et sur l’acheminement de l’eau vers les prises d’eau. De plus, à cause de l’augmentation du coût de l’électricité, le groupe communautaire responsable de la gestion du système d’approvisionnement en eau devra vraisemblablement augmenter le prix du galawa d’eau.

Les fonds canadiens versés au ministère ghanéen des Ressources hydriques, des Travaux et du Logement ont contribué à la mise en œuvre d’un projet de plus grande envergure à Tatale. Le projet dessert plus de 5 000 personnes dans cette capitale de district, dans le nord du Ghana. À Tatale, il y a 20 prises d’eau communautaires, et l’eau est aussi acheminée directement dans les foyers. Les habitants paient en fonction de la quantité d’eau utilisée, et les sommes perçues servent à gérer le système. Une équipe de gestion de l’eau et de l’assainissement a suivi une formation, donnée par l’assemblée du district, pour gérer le système.

Le technicien Ben Kwame Ali, qui a reçu une formation en forage, fait partie de cette équipe. « Ce projet a été salutaire pour la population, qui devait parcourir 19 km jusqu’à Zabzugu, la ville la plus proche, pour avoir de l’eau potable, dit-il. La seule eau dont nous disposions alors venait de quelques puits creusés à la main ainsi que du barrage, où notre bétail s’abreuvait lui aussi ».

Chaque jour, M. Ali pompe au moins 400 pieds cubes d’eau (environ 12 000 litres) provenant des trois puits qui ont été forés. Cette eau est stockée dans un réservoir surélevé afin d’être distribuée à la collectivité.

« Certains habitants ensachent l’eau, la réfrigèrent et la revendent; c’est ainsi qu’ils gagnent leur vie, affirme M. Ali. Nous avons distribué de l’eau pendant la saison sèche, et la population n’a pas souffert de l’absence de pluie. À l’heure actuelle, nous ne pompons pas la même quantité d’eau parce que la saison des pluies a débuté et que les habitants utilisent l’eau de pluie pour certaines de leurs tâches ménagères. »

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