Des initiatives communautaires pour nourrir les écoliers au Kenya

Les conseils des écoles travaillent avec les producteurs et négociants locaux pour acheter de la nourriture destinée au Programme de cantine scolaire du Programme alimentaire mondial. Ceci stimule également l’économie locale.

Le Canada aide le PAM et le ministère de l’Éducation du Kenya à mettre en place des mesures novatrices pour nourrir des écoliers dans des régions éloignées du Kenya.

Au Kenya, comme dans de nombreux pays d’Afrique, le programme des cantines scolaires offert par le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies est bien établi dans les collectivités depuis des dizaines d’années. Depuis les années 1980, des centaines de milliers d’écoliers prennent un repas chaud à l’heure du midi grâce au PAM, et au soutien du Canada et d’autres pays. Les écoliers profitent d’un repas composé de céréales, de légumineuses, de sel enrichi et d’huile végétale — des éléments essentiels à leur nutrition qui les aident à grandir et leur permettent de se concentrer à l’école. En 2009 seulement, le PAM a offert des repas chauds à quelque 1,2 million de Kényans d’âge préscolaire et primaire.

Le gouvernement du Kenya a toujours joué un rôle déterminant dans la réussite du programme. En 2009, il a lancé le programme d’alimentation scolaire à base de produits locaux (HGSMP), dans le cadre duquel les écoles reçoivent directement des fonds pour s’approvisionner auprès de cultivateurs et de marchands locaux. Ainsi, le gouvernement contribue à soutenir la croissance économique dans la région du fait qu’il s’attache à favoriser le développement agricole dans les collectivités locales. Le HGSMP, à l’instar d’autres projets du PAM, contribue en outre à l’atteinte des objectifs fixés pour les jeunes écoliers en matière de nutrition, de santé et d’éducation. Au cours de sa première année, le HGSMP a fourni des repas du midi à un demi-million d’écoliers, qui bénéficiaient tous auparavant du programme des cantines scolaires du PAM. Depuis, 50 000 enfants reçoivent chaque année du soutien du HGSMP, qui desservait un total de plus de 760 000 écoliers en 2013.

Compte tenu du succès remporté par le HGSMP, le PAM et le gouvernement du Kenya peuvent désormais chercher des façons novatrices de venir en aide aux régions difficiles d’accès, surtout dans le nord du pays. Il est difficile de faire fréquenter l’école aux enfants qui habitent dans ces régions arides et éloignées. Les taux d’inscription et de fréquentation y sont inférieurs à ceux du reste du pays, sans compter que la clientèle compte plus de garçons que de filles et qu’on y trouve le taux d’alphabétisation le plus faible du Kenya. Les conflits et les traditions, dont les mariages d'enfants, précoces et forcés, figurent parmi les obstacles à l’éducation.

Projet Innovations en matière d’alimentation scolaire durable

Avec le concours du Canada, le PAM et le ministère de l’Éducation du Kenya ont élaboré un nouveau projet pilote, inspiré du HGSMP du gouvernement, dans le but d’aider ces régions éloignées. Le projet Innovations en matière d’alimentation scolaire durable est mis à l’essai dans le comté d’Isiolo, qui comprend 98 écoles. Le projet vise à répondre aux préoccupations selon lesquelles les écoles pourraient avoir du mal à acheter suffisamment de nourriture à l’échelle locale dans ces régions arides et éloignées.

L’une des solutions au problème consistait à élaborer un modèle d’affaires mettant à contribution les enseignants, les parents, les responsables du secteur de l’éducation et les marchands locaux en vue de fournir des repas pour le programme scolaire. Un comité formé de parents et de responsables de l’école reçoit des transferts de fonds pour gérer les achats de nourriture. Le comité collabore avec des producteurs et des marchands locaux pour acheter la nourriture nécessaire au programme. Une formation est offerte sur les diverses étapes du projet : depuis la culture dans les champs, la mise en marché et les achats, jusqu’à la cuisson et à la livraison des aliments aux écoliers. Par exemple, les parents s’occupent de faire cuire et de livrer les repas, et une équipe surveille le processus d’approvisionnement et veille à ce que le processus très concurrentiel de passation de marchés se déroule en toute équité. Depuis le début du projet en août 2013, quelque 38 000 écoliers ont profité d’un repas à l’école dans le cadre du programme.

La réussite du projet Innovations en matière d’alimentation scolaire durable dans le nord du Kenya favorisera la poursuite de la transition vers le modèle du HGSMP du gouvernement du Kenya, et permettra ainsi d’aider de plus en plus d’enfants dont dépendent l’état nutritionnel, la santé et l’éducation. La nouvelle de la réussite du Kenya s’est répandue, et d’autres pays d’Afrique songent à mettre en œuvre ce projet dans leurs collectivités. Ce que l’on a appris par le truchement de transferts de fonds directs au Kenya détermine de quelle façon le programme sera mis en œuvre dans d’autres régions.

Aux yeux du Canada, qui est résolu à améliorer la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, les projets comme celui-ci nous rapprochent de notre objectif : faire en sorte qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte.

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