De l’aide qui fait une grande différence

En Haïti le Canada aide et les enfants à accéder aux services de santé. Pour y parvenir il faut que les professionnels de la santé aient une formation plus poussée et que les soins de santé soient abordables.

© MAECD
Rostania Augustin a accouché le 27 mai 2013 à l'hôpital de Fort-Liberté, alors qu'elle était enceinte de six mois et deux semaines.

Donner naissance. Peu de gestes sont aussi souhaités que redoutés. À plus forte raison si vous êtes une femme enceinte et que vous habitez Haïti. La probabilité que vous puissiez mener votre grossesse en ayant droit à des services hospitaliers de qualité est alors très bas. De fait, à peine 3 % de la population haïtienne est couverte par une assurance privée, et la proportion des accouchements assistés par du personnel qualifié est estimée à 25 %. On ne s’étonne donc pas que les taux de mortalité maternelle, de nourrissons et d’enfants de moins de cinq ans y soient parmi les plus élevés du monde.

Sans surprise, Haïti cherche à corriger cette situation. Pour ce faire, il s’est donné une politique nationale de santé qui vise à garantir l’accès universel et gratuit aux services et soins spécifiques pour les groupes vulnérables. Parce que le pays n’a pas encore les moyens de ses ambitions, Haïti compte sur les bailleurs de fonds étrangers pour l’épauler.

Le Canada est au nombre des pays qui ont répondu à l’appel. Un appui qui a notamment pris la forme du projet Maman Ak timoun an Sante (MATS : « les mères et les enfants en santé » en créole, la langue nationale en Haïti).

Mise en œuvre par l’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS/OMS) en 2011, l’initiative visait essentiellement à rendre accessibles les services de santé aux femmes et aux enfants, et ce, en levant les barrières financières et en améliorant la qualité des services.

De cœur et d’argent

En moins de deux ans, les 17 hôpitaux participant au projet ont ainsi pu offrir des soins obstétriques et pédiatriques gratuits à plus de 70 000 femmes enceintes et quelque 200 000 enfants répartis sur tout le territoire national (10 départements). Des soins qui ont fait une grande différence dans la vie de femmes comme Rostania Augustin, qui a accouché à l’hôpital de Fort-Liberté, alors qu’elle était enceinte d’un peu plus de six mois : « Après mon accouchement, j’ai passé 42 jours ici à la maternité, puis je suis rentrée chez moi. Aujourd’hui, je vois le médecin régulièrement. »

De l’avis des intervenants hospitaliers et de la population, le MATS a fait œuvre utile de nombreuses façons. La vulnérabilité et l’isolement de la population rendent particulièrement important un suivi continu des participants par les autorités. Le MATS l’a bien compris et y consacre les ressources nécessaires. « Je rends visite aux femmes enceintes chaque jour pour voir comment elles vont,» raconte Fania Pierre, agente de santé à l’emploi de l’hôpital Maternité de Carrefour, à Port-au-Prince. « En cas de besoin, je les accompagne au centre de santé. Et ce, même quand elles n’ont pas les moyens de s`y rendre. »

MATS finance les institutions sanitaires en privilégiant la performance – une stratégie qui motive le personnel hospitalier, et qui renforce la bonne gouvernance par un suivi rigoureux des clients et des données. Cette approche a conduit à rendre plus efficace la démarche de prise de décision. Elle a aussi permis d’améliorer le plateau technique des hôpitaux ainsi que la qualité des soins fournis, notamment par le recrutement et la formation du personnel spécialisé.

Une écoute qui fait du bien...

Une enquête effectuée auprès de 199 bénéficiaires témoigne du haut niveau de satisfaction des Haïtiens envers l’approche privilégiée. À titre indicatif, plus de 80 % des participants se sont dits heureux de l’accueil et de l’écoute auxquels ils ont eu droit dans les institutions participantes.

Pour le Canada, ce résultat confirme non seulement l’atteinte de l’objectif de départ (rendre accessibles les services de santé aux femmes et aux enfants), mais contribue également à développer au sein de la population une compréhension des avantages d’une prise en charge partagée (gouvernement/personne) de son mieux-être.

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