Protection des droits religieux en Indonésie

Des membres de groupes religieux et d’organisations non gouvernementales ainsi que des représentants des gouvernements discutent des défis auxquels les minorités religieuses sont confrontées.

Hélène Viau discute avec une femme de la communauté pendant le congrès.

Trois maires indonésiens se voient décerner des prix pour leurs efforts de protection des minorités religieuses dans leurs communautés.

L’Indonésie, patrie de centaines de groupes ethniques, est un pays où se côtoie un très grand nombre de cultures, de langues et de religions différentes.

Cette diversité est le gage d’une société multiculturelle riche. Les scènes dynamiques, artistiques et culinaires du pays témoignent du fait que la diversité fait la force. En fait, la devise nationale de l’Indonésie, « l’unité dans la diversité », évoque le multiculturalisme inhérent à cet archipel de 16 000 îles.

Si la diversité contribue à renforcer la société indonésienne dans son ensemble, elle peut également engendrer des défis. Des témoignages de discrimination à l’encontre de groupes religieux minoritaires suscitent des préoccupations grandissantes dans ce pays où les confessions et les croyances sont multiples.

Dans l’ouest de Java, les ahmadis, un groupe minoritaire de confession musulmane, ont de la difficulté à obtenir des certificats de mariage et des pièces d’identité nationales. Plus de 100 familles ahmadies vivant sur l’île de Lombok ont été déplacées depuis plus de 10 ans et sont privées de l’accès à des soins de santé, à une éducation et à d’autres formes de soutien de la part du gouvernement.

La communauté religieuse Gafatar vit elle aussi dans un climat de tension élevée. Trois des dirigeants du groupe ont écopé récemment de peines d’emprisonnement allant de trois à cinq ans pour avoir pratiqué leur religion.

En vue de soutenir les initiatives nationales visant l’inclusion religieuse, l’ambassade du Canada en Indonésie a soutenu le Congrès national sur la liberté de religion et de croyance, dont la conférence très médiatisée visait à renforcer l’engagement pris par les gouvernements locaux de respecter et de promouvoir la liberté de religion et de croyance.

Le congrès faisait partie d’un projet de six mois offert dans le cadre du Fonds canadien d’initiatives locales, en partenariat avec la Commission nationale des droits de la personne (Komnas HAM) et le Groupe de travail sur les droits de la personne, qui œuvrent à renforcer les capacités locales pour protéger les droits religieux en Indonésie.

Droits religieux et droits de la personne

Des représentants des communautés ahmadi et Gafatar se sont réunis avec d’autres membres de minorités religieuses, notamment des chiites et des HKBP de Filadelphia et un groupe ayant des croyances traditionnelles venant du nord de Sumatra pour faire entendre leurs voix lors du Congrès national sur la liberté de religion et de croyance.

Les membres ont fait part de leurs expériences personnelles et de leurs préoccupations aux organisations non gouvernementales (ONG), aux représentants des gouvernements et aux groupes religieux assistant à l’événement, ceci en vue de souligner l’absence de protection et le manque de services fournis par l’État aux minorités religieuses.

L’événement était organisé par Komnas HAM et le Groupe de travail sur les droits de la personne. Komnas HAM est l’institution nationale des droits de la personne en Indonésie et bien qu’elle soit en partie financée par le gouvernement et que ses commissaires sont approuvés en dernier ressort par le Parlement, il s’agit, dans une large mesure, d’un organisme indépendant qui fait partie de ceux qui s’opposent le plus farouchement aux violations des droits de la personne au pays. Le Groupe de travail sur les droits de la personne est constitué d’un réseau de plusieurs ONG qui font la promotion des droits de la personne en Indonésie.

« Nous allons continuer à faire valoir l’inclusion, l’acceptation et l’égalité au Canada et partout dans le monde. Nous ne cesserons jamais de chercher à faire de notre monde un endroit plus sûr, plus égalitaire et plus respectueux. »

Le très honorable Justin Trudeau, premier ministre du Canada.

Champions locaux pour la liberté religieuse

Komnas HAM a remis des prix à trois maires indonésiens pour souligner leur travail de protection des minorités religieuses dans leurs administrations.

 Le maire Rahmat, de Bekasi Rahmat Effendi, a été récompensé pour avoir soutenu la construction de l’Église catholique Santa Clara, projet qui a fait face à une opposition durant presque 20 ans, dans un contexte où l’on craignait que ceci exacerbe le prosélytisme au sein de la communauté musulmane majoritaire.

Ridwan Kamil, maire de la capitale dans la province de l’ouest de Java, a été salué pour ses efforts visant à faire de Bandung une ville « respectueuse des droits religieux ». Il promeut les activités interconfessionnelles, offre la garantie que tous les croyants peuvent exercer leurs droits et protège les lieux de culte afin que ceux-ci ne fassent pas l’objet d’attaques perpétrées par des foules.

En Sulawesi du Nord, Vicky Lumentut, maire de Manado, milite pour défendre la liberté et la tolérance religieuses. Il est parvenu à résoudre un conflit entre un groupe de musulmans qui voulaient construire une mosquée et des membres de la population locale qui s’opposaient au projet.

L’ambassade du Canada en Indonésie continue d’appuyer des initiatives qui respectent la liberté de religion, la tolérance et le pluralisme. Par l’intermédiaire du Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL), elle finance, dans des pays en développement dans le monde, des petits projets élaborés et mis en œuvre principalement par des organisations locales. En répondant directement aux besoins locaux, ces modestes contributions ont une grande influence dans les communautés à l’étranger.

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