La liberté de religion ou de conviction

La liberté de religion ou de conviction, y compris la possibilité de pratiquer le culte de son choix en paix et sans être menacé, est l’un des droits universels de la personne. Elle est inscrite dans la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, entre autres documents sur les droits de la personne. La discrimination à l’encontre de communautés religieuses et de conviction, à l’instar de toutes les formes de discrimination, cause de la souffrance humaine, est source de division et contribue à instaurer un climat de peur, d’intolérance et de stigmatisation.

La promotion et la protection des droits de la personne, y compris la liberté de religion ou de conviction, sont un volet important de l'engagement constructif du Canada dans le monde. L’expérience multiculturelle et multiconfessionnelle du Canada témoigne des efforts du Canada pour promouvoir une gouvernance inclusive et responsable, un pluralisme pacifique et le respect de la diversité dans toutes les sphères de la société. Les efforts de promotion de la liberté de religion ou de conviction sur la scène internationale visent d’abord les priorités suivantes :

  1. défendre les intérêts des communautés religieuses et des communautés de conviction qui font l’objet de persécutions et de menaces;
  2. combattre la haine religieuse, la discrimination et la xénophobie;
  3. favoriser le dialogue entre groupes religieux lorsque des enjeux religieux suscitent des tensions entre communautés.

Considérant le fait que, de par leur nature même, les droits de l’homme sont universels, indissociables, interdépendants et intimement liés, Affaires mondiales Canada cherche constamment à élargir la portée de son approche afin de promouvoir la liberté de religion ou de conviction ainsi qu’à œuvrer de concert avec des partenaires non traditionnels. Notamment, la liberté de religion ou de conviction est souvent perçue comme étant un point de départ vers le respect d’autres droits, comme la liberté d’expression et la liberté de réunion pacifique et d’association; dès lors, on peut dire que la liberté de religion ou de conviction, prise dans son sens véritable, a comme effet d’habiliter les femmes à décider par elles‑mêmes de leurs croyances et de leur mode de vie.

La promotion du pluralisme et de l’inclusion ainsi que la reconnaissance et le respect de la diversité constituent des priorités pour le Canada, autant au pays qu’à l’étranger, et nous travaillons avec des partenaires pour améliorer la promotion et la protection de la liberté de religion et de conviction à l’échelle internationale.

Forums de haut niveau sur la lutte contre la discrimination

Le mardi 17 janvier, des représentants de gouvernements, d’organisations intergouvernementales, de la société civile, du milieu universitaire et du secteur privé se sont réunis dans le cadre d’un forum de haut niveau, aux Nations Unies, afin de discuter des façons de lutter contre la discrimination envers les musulmans et l’islamophobie. Les efforts à cet égard sont devenus particulièrement urgents en raison du populisme croissant, de la hausse de la xénophobie et de l’augmentation de l’extrémisme violent. En savoir plus.

Dans le même ordre d’idées, le 7 septembre 2016, le Canada a coorganisé un Forum de haut niveau sur l’antisémitisme aux Nations Unies dans lequel on a tenu compte des différents facteurs qui ont mené à la montée de l’antisémitisme dans de nombreuses parties du monde et de la nécessité pour les gouvernements, la société civile et le secteur privé d’intervenir de manière efficace et proactive pour lutter contre ce problème.

Mobilisation multilatérale

Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (AIMH)

L’AIMH est un organisme multilatéral comptant 31 pays membres, qui se consacre à la commémoration de l’Holocauste ainsi qu’à l’éducation et à la recherche à ce sujet, conformément aux principes énoncés dans la Déclaration du Forum international de Stockholm sur l’Holocauste de 2000. Les pays membres occupent la présidence de l’Alliance en rotation, chaque année. En sa qualité de membre à part entière de l’AIMH, le Canada en a assuré la présidence de mars 2013 à février 2014.

Fier d’être membre de l’Alliance, le Canada appuie résolument la définition pratique de l’antisémitisme ainsi que les exemples connexes (en anglais seulement) adoptés par consensus en mai 2016. Cette définition pratique de l’antisémitisme, qui n’est pas contraignante sur le plan juridique, est formulée comme suit :

« L’antisémitisme est une certaine perception des juifs, pouvant s’exprimer par de la haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme sont dirigées contre des individus juifs ou non-juifs et/ou leurs biens, contre les institutions de la communauté juive et contre les institutions religieuses juives. »

Groupe de contact international sur la liberté de religion ou de conviction

Le 15 juin 2015, le Canada a organisé la réunion inaugurale du Groupe de contact international sur la liberté de religion ou de conviction, qui réunit un ensemble transrégional diversifié regroupant plus d’une vingtaine de pays, dans le but de promouvoir et de protéger la liberté de religion ou de conviction à l’échelle du globe. Du fait qu’il mobilise un groupe diversifié de pays qui sont déterminés à appuyer la liberté de religion ou de conviction par-delà leurs blocs traditionnels et qu’il permet la tenue d’un dialogue franc et l’exploration de moyens d’action possibles, le Groupe de contact constitue pour le Canada et ses partenaires internationaux une plateforme utile pouvant aider à contrer la répression croissante du droit à la liberté de conviction et de culte.

Depuis la mise sur pied du Groupe de contact, les participants ont mené différentes initiatives de coopération : notamment, ils ont fait des démarches conjointes auprès de gouvernements pour promouvoir des pratiques exemplaires afin de réaliser des progrès en matière de liberté de religion ou de conviction, notamment dans l’optique des populations en situation minoritaire; ils ont encouragé la réforme des lois restrictives; et ils collaborent avec un large éventail de partenaires non gouvernementaux, entre autres des organisations religieuses et des personnes et organisations de la société civile et du milieu universitaire.

Participation nationale

Il existe au Canada une société multiculturelle, multiconfessionnelle et multiethnique caractérisée par une communauté et un patrimoine autochtones dynamiques, une dualité linguistique et une longue tradition d’immigration et d’intégration; de ce fait, Affaires mondiales Canada s’inspire des points de vue exprimés et met à profit les compétences disponibles au Canada afin de promouvoir la liberté de religion ou de conviction à l’échelle internationale. Le Bureau des droits de la personne, des libertés et de l’inclusion d’Affaires mondiales Canada remplit un rôle de liaison à l’appui de la mobilisation des groupes confessionnels et des communautés de conviction afin de mener des consultations sur des enjeux présentant un intérêt particulier et de prendre connaissance des opinions des Canadiennes et des Canadiens à propos des moyens de promouvoir la liberté de religion et de conviction ainsi que les droits de la personne en général.

Par exemple, le 31 octobre 2016, le ministre des Affaires étrangères a organisé à Ottawa une table ronde réunissant des représentants d’un large ensemble de communautés religieuses et de conviction ainsi que d’organisations de la société civile du Canada, le but étant de tirer profit de leurs réflexions concernant la situation actuelle au chapitre de la liberté de religion ou de conviction ainsi que les moyens de promouvoir cette liberté sur la scène internationale. Les participants appartenaient à différentes traditions – chrétiens, musulmans, juifs, Bahá’í, sikhs, bouddhistes et humanistes séculiers –, de pair avec des organisations comme Amnistie Internationale et la Commission canadienne des droits de la personne.

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