Des latrines et des robinets à bascule permettent à plus de filles d’aller à l’école au Ghana

Dans de nombreuses collectivités Ghana, l’absence de latrines adéquates, d’installations pour se laver les mains et de produits d’hygiène féminine empêche les filles d’aller à l’école pendant leurs menstruations.

Grâce à l’apprentissage par le jeu, Fusheina et ses camarades découvrent l’hygiène menstruelle et les bonnes habitudes d’hygiène.

Manquer l’école pendant les règles

Fusheina Abibatu, âgée de seize ans, veut devenir infirmière. Elle sait qu’en allant à l’école et en étudiant de façon assidue, elle pourra atteindre son but. En deuxième année à l’école secondaire de premier cycle Rajia, elle est en retard par rapport aux élèves de son âge des autres régions du pays, qui fréquentent déjà l’école secondaire de deuxième cycle. Fusheina explique,

« Je n’allais pas à l’école quand j’avais mes règles ». Elle précise : « C’est parce que je risquais de me salir et d’être la cible de moqueries de la part des autres élèves, surtout des garçons. »

Éliminer les obstacles qui empêchent les filles d’aller à l’école

À Zabzugu, comme dans d’autres collectivités semblables du Ghana, l’absence de latrines adéquates, d’installations pour se laver mains et de produits d’hygiène féminine empêche les filles d’aller à l’école pendant leurs menstruations.

En outre, les mythes et préjugés sur l’hygiène menstruelle sont répandus, et ce sujet est considéré comme indécent et honteux.

Financé par le Canada, et mis en place dans les écoles et les collectivités de cinq régions du Ghana, le projet Eau, assainissement et hygiène (le projet EAH ou WASH) contribue à créer un environnement plus favorable qui permet à des élèves comme Fusheina et à ses amies de réaliser leurs rêves. En 2012, l’UNICEF et l’ONG Right to Play ont amorcé la mise en œuvre d’un projet EAH-WASH pour les enfants et les jeunes.

Une approche bien équilibrée de l’hygiène

Kipo Habib, un agent de projet de Right to Play pour le Nord du pays, explique que le projet EAH-WASH recourt à une approche globale, dont l’une des composantes conduit à une meilleure compréhension de l’hygiène menstruelle. Il cite, parmi les autres objectifs du projet :

  • aider les enseignants à intégrer le sport et le jeu aux activités pédagogiques de la classe
  • expliquer aux élèves et aux collectivités quels sont les problèmes de santé liés au fait d’aller aux toilettes dans la nature
  • assurer l’approvisionnement en eau et fournir des installations d’assainissement.

M. Habib ajoute que les intervenants clés du projet EAH-WASH de l’école Rajia, ainsi que les enseignants et le personnel du Service éducation du district, reçoivent une formation et participent aux activités scolaires pour être informés des pratiques préconisées par le programme.

Agent du changement au sein de sa collectivité

Grâce au projet EAH-WASH, en faisant la promotion de l’assainissement et de l’hygiène, Fusheina est devenue un agent du changement au sein de sa collectivité.

Elle explique : « Mon école organise des pièces de théâtre qui montrent la bonne façon de se laver les mains avec du savon et les dangers d’aller à la selle dans la nature. »

« Pendant la réunion du matin, on nous parle de questions liées à la santé. Nous discutons souvent de santé et apprenons comment fabriquer et utiliser des robinets à bascule. »

Un robinet à bascule est un dispositif simple et hygiénique qui permet de se laver les mains avec très peu d’eau et du savon. En fait, l’école de Fusheina a gagné à un jeu-questionnaire sur la santé opposant des écoles du district. Elle a reçu une boîte de savons, des machettes et des maillots de soccer.

Délaisser la pratique de la défécation en plein air

Fusheina raconte aussi que, chez elle, l’habitude d’aller à la selle dans la nature a décru considérablement. Elle a hâte que sa collectivité ait totalement éliminé cette pratique.

Elle explique : « Chez moi, il y a une latrine utilisée par 22 personnes. »

Celle-ci est équipée d’un robinet à bascule et de savon pour se laver les mains, mais ce ne suffit pas. On nous incite à construire des latrines et à les utiliser pour ne pas tomber malades parce que nous allons à la selle dans la nature. »

Pour ce qui est des menstruations, Fusheina explique qu’elle peut maintenant s’adresser à un « préfet de la santé » pour obtenir de l’aide pendant ses règles.

« Le préfet de la santé nous fournit gratuitement des serviettes hygiéniques sur demande afin de nous éviter d’avoir à retourner à la maison pour nous changer », ajoute-t-elle.

Un projet efficace repris dans d’autres collectivités

Les activités liées à EAH-WASH qui ont été organisées à l’école Rajia JHS ont été reproduites dans 265 autres collectivités du Ghana. Les statistiques fournies par le bureau de l’UNICEF au Ghana révèlent qu’après trois ans :

  • plus de 45 000 élèves de 150 écoles ont maintenant accès à de l’eau potable
  • plus de 17 000 jeunes filles ont reçu une formation en matière d’hygiène menstruelle
  • plus de 56 000 enfants ont bénéficié d’un enseignement portant sur l’assainissement et l’hygiène et qu’ils se lavent maintenant les mains régulièrement avec du savon
  • 67 écoles ont été équipées de latrines améliorées.
Date de modification: