Déclaration du Canada – Comité de l’agriculture, session extraordinaire – 6 février 2025
- Monsieur le Président, je vous remercie de votre réflexion sur le processus que vous avez proposée, ainsi que du travail acharné que vous avez accompli et de la patience dont vous avez fait preuve dans vos fonctions au cours des dernières années.
- Même si les choses n’ont pas été faciles, vous avez toujours fait preuve d’énergie, de pragmatisme et d’ouverture d’esprit.
- Vous allez donc nous manquer!
- Je tiens à remercier les membres du Groupe africain et nos collègues du Groupe de Cairns d’avoir toujours participé de bonne foi à notre processus de négociation.
- Étant donné que l’Australie a fait un excellent résumé de l’état d’avancement de ce processus, je ne le répéterai pas.
- Si vous le permettez, j’aimerais plutôt prendre une minute pour rappeler à notre comité l’importance concrète de l’Accord sur l’agriculture et la valeur ajoutée de cet accord et de cette institution pour favoriser la stabilité et la prévisibilité des marchés agricoles mondiaux.
- Il y a 30 ans, nos prédécesseurs ont apporté une réponse à la période tumultueuse que traversait l’agriculture mondiale. Les agriculteurs du monde entier ont subi une grave crise marquée par l’effondrement des cours des matières premières, la flambée des taux d’intérêt et l’aggravation de l’endettement.
- Cette crise a été aggravée, voire provoquée, par des politiques commerciales et de subventionnement intenables dans les grands pays. Avant l’Accord sur l’agriculture, les marchés agricoles étaient généralement caractérisés par des droits de douane élevés et des contingents stricts qui fragmentaient les marchés; des subventions entraînant des excédents considérables dans certaines régions; et d’importantes subventions à l’exportation qui ont évincé la production locale dans les pays incapables de rivaliser dans une course aux subventions que seuls quelques pays pouvaient espérer « gagner » et dont la plupart étaient exclus.
- L’Accord sur l’agriculture qui en a résulté et les accords conclus au cours des Conférences ministérielles par la suite ont permis d’ouvrir de nouveaux marchés, d’améliorer la fluidité et la prévisibilité des échanges commerciaux, de réduire les aides qui perturbent le commerce et de renforcer la sécurité alimentaire. Au cours des 30 dernières années, les exportations agricoles mondiales ont fortement augmenté pour atteindre environ 1 500 milliards de dollars en 2022, ce qui témoigne du succès de cet accord.
- Les contributions à ce montant proviennent de plusieurs régions et de membres à différents niveaux de développement. Bien que les marchés soient loin d’être parfaits et qu’il nous reste beaucoup à faire, l’Accord permet au commerce mondial des matières premières agricoles de ne pas être menacé par la dépendance à l’égard d’un marché unique, comme c’est le cas dans d’autres secteurs économiques.
- Le commerce agricole a lui aussi bien résisté aux chocs récents. Par exemple, une analyse a montré que la réduction des échanges agricoles a été de deux à trois fois moindre que celle des échanges non agricoles pendant la pandémie de COVID-19.
- Je peux vous assurer que le Canada restera l’un des membres les plus favorables aux réformes de cette organisation. Toutefois, d’ici à la 14eConférence ministérielle, nous devons tous participer à un processus qui reconnaît et renforce avant tout la valeur du système et des règles en place.
- Nous devons consolider et respecter les progrès accomplis, tout en continuant d’avancer vers la libéralisation du commerce. Nous ne devons ni céder aux pressions protectionnistes ni retomber dans l’anarchie des années 1970 et 1980. Nous avons tous vécu cette situation et nous en connaissons les conséquences : c’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’Accord sur l’agriculture est en place aujourd’hui.
- En 1996, 18 mois après la création de l’OMC, le directeur général de l’époque, M. Renato Ruggiero, a prononcé à Ottawa une allocution intitulée « De quoi le monde sera-t-il fait : La politique commerciale internationale à l’ère de l’OMC » dans laquelle il a mentionné :
« La mondialisation n’est pas près de disparaître. Même s’ils le voulaient, les décideurs politiques ne pourraient pas arrêter ce processus. Il ne s’agit pas
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