Déclaration du Canada lors du débat thématique : Autres mesures de désarmement et sécurité internationale à la Première Commission de la 79e session de l'Assemblée générale des Nations Unies
Version prononcée fait foi
New York, États-Unis, le 25 octobre, 2024
Monsieur le Président,
Nous sommes tous au fait des grands enjeux actuels concernant la paix et la sécurité internationales : la guerre d’agression de plus en plus brutale menée par la Russie contre l’Ukraine, le conflit au Moyen-Orient, la nécessité de libérer tous les otages à Gaza et d’instaurer un cessez-le-feu immédiat, ainsi que l’expansion relativement mal connue de l’arsenal nucléaire de la Chine sont autant d’éléments qui contribuent à la dynamique inquiétante actuelle. En parallèle, au cours des deux dernières semaines, se sont dessinés des thèmes communs, clairement axés sur les technologies naissantes et les nouveaux domaines de conflit. Le Canada est prêt à collaborer avec tous les États pour surmonter les défis à venir, notamment les menaces à la cybersécurité, l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le domaine militaire, le contrôle des exportations, ainsi que la diversité et l’inclusion.
Les menaces pesant sur la cybersécurité prennent une ampleur considérable, et l’année 2025 sera cruciale pour la cyberdiplomatie, car le Canada cherche à négocier un mécanisme permanent orienté vers l’action qui remplacera l’actuel groupe de travail à composition non limitée, et s’en inspirera, tel que le programme d’action proposé. Le Canada voit d’un bon œil le récent consensus obtenu sur le troisième rapport d’activité annuel du groupe de travail en juillet 2024. Néanmoins, avant la fin de son mandat en juillet prochain, il reste encore beaucoup de travail à accomplir. Il incombe à tous les États de parvenir à un consensus sur un futur mécanisme permanent qui tienne compte des objectifs du programme d’action, s’appuie sur le cadre existant et fournisse des mesures permettant d’améliorer la mise en œuvre. Le Canada continuera à travailler en coopération et en collaboration avec l’ensemble des intervenants en vue de l’aboutissement du groupe de travail à composition non limité et de la mise en place d’un futur mécanisme permanent.
Même si le Canada est bien conscient que l’intelligence artificielle présente des possibilités ainsi que des menaces, il accueille positivement l’attention accrue portée à ses différents usages dans le contexte militaire. Le Canada est heureux de coparrainer la résolution de la République de Corée et des Pays-Bas sur cette question. Le Canada a approuvé l’appel et le plan d’action se rapportant à l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle dans le domaine militaire, ainsi que la déclaration politique sur l’utilisation militaire responsable de l’intelligence et de l’autonomie artificielles, présentée par les États-Unis. En outre, il copréside, avec le Portugal, le groupe de travail sur la responsabilisation de l’intelligence artificielle dans les contextes militaires. Pour aller de l’avant, le Canada soutient les initiatives visant à façonner le discours mondial à cet égard, à promouvoir le respect du droit international et à établir des normes et des garde-fous pour une utilisation responsable de l’intelligence artificielle.
Le Canada encourage depuis longtemps la coopération internationale en ce qui concerne l’utilisation pacifique du matériel, de l’équipement et des technologies, conformément aux obligations internationales découlant des traités de non-prolifération, de contrôle des armements et de désarmement. Par ailleurs, il souligne le rôle essentiel des régimes multilatéraux de contrôle des exportations dans l’instauration de la confiance nécessaire à la coopération internationale et au commerce des technologies névralgiques.
Le Canada est particulièrement préoccupé par les efforts visant à faire passer ces régimes pour fondamentalement défectueux et sources de restrictions excessives à la coopération. Les contrôles à l’exportation n’entravent pas le commerce, ils le facilitent. Le Canada est convaincu de l’importance d’assurer la transparence et l’inclusivité des travaux de ces régimes, afin d’en accroître l’efficacité et la sensibilisation. On ne peut pas permettre que les travaux de la Commission sapent le rôle vital que jouent les contrôles multilatéraux des exportations dans l’établissement d’un commerce pacifique, ainsi que d’une paix et d’une sécurité internationales accrues.
Enfin, le Canada réitère sa demande à la Première Commission pour qu’elle intègre un point de vue tenant compte des genres dans le désarmement, la non-prolifération et le contrôle des armements. Il faut davantage de femmes parmi les spécialistes, à la tête des délégations et à des postes de haute direction dans les forums sur le désarmement. Leur présence est essentielle pour aider à comprendre les effets disproportionnés des armes sur les femmes et pour atténuer les conséquences des conflits sur elles. Le Canada se sert d’un cadre sexotransformateur pour s’assurer que les activités de désarmement ne considèrent pas seulement les groupes marginalisés comme des acteurs clés, mais qu’elles donnent aussi la capacité aux personnes de contribuer à la paix et à la sécurité de leur collectivité. Nous remercions Trinité-et-Tobago pour son plaidoyer éloquent à cet égard par l’intermédiaire de sa résolution « Les femmes, le désarmement, la non-prolifération et le contrôle des armements ».
Merci, Monsieur le Président.
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